Copenhague – La Première ministre danoise Mette Frederiksen a annoncé des élections anticipées pour le 24 mars, un scrutin qui pourrait être influencé par sa position ferme face aux États-Unis dans le différend concernant le Groenland.
Frederiksen, au pouvoir depuis 2019, semble vouloir capitaliser sur le soutien populaire suscité par sa réponse à la tentative de l’administration Trump d’acquérir le Groenland, comme le rapporte le New York Times. L’annonce intervient après un revers électoral local en décembre, mais elle est justifiée par la nécessité pour le Danemark de définir son avenir et de renforcer sa sécurité en Europe.
“Ce sera une élection décisive car c’est au cours des quatre prochaines années que nous, Danois et Européens, devrons vraiment nous débrouiller seuls”, a déclaré Frederiksen lors d’une allocution au Parlement. “Nous devons définir notre relation avec les États-Unis et nous devons nous réarmer pour assurer la paix sur notre continent.”
Le différend avec les États-Unis a débuté lorsque le président Trump a exprimé son intérêt pour l’achat du Groenland, une idée rapidement rejetée par Frederiksen qui l’a qualifiée d’“absurde”. Trump avait alors critiqué sa réponse, la jugeant “méchante”.
L’élection danoise suscite l’attention en Europe, car Frederiksen est l’une des principales figures soutenant l’Ukraine. Cette position contraste avec celle de certains autres dirigeants européens, comme le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, qui remet en question l’aide à l’Ukraine.
Outre la question du Groenland et le soutien à l’Ukraine, la politique migratoire est un autre enjeu majeur. Frederiksen a plaidé pour un renforcement des frontières européennes et une réduction de l’immigration, une position qui a suscité des critiques mais qui lui a également valu le soutien de certains électeurs. Elle a collaboré avec la Première ministre italienne Giorgia Meloni pour promouvoir des règles européennes plus strictes en matière de migration.
Les principaux partis en lice sont les sociaux-démocrates de Frederiksen, qui détiennent actuellement 50 sièges au Parlement danois, le parti Venstre (23 sièges) et le parti Moderates (12 sièges). Les Démocrates danois et le parti de la Gauche verte pourraient également jouer un rôle important dans la formation du prochain gouvernement.
Selon un sondage Voxmeter réalisé du 6 au 12 février, les sociaux-démocrates ont augmenté leur soutien à 22 % des voix, ce qui suggère qu’ils pourraient conserver la majorité après les élections.
