Découverte Révolutionnaire : L’ADN Sédimentaire Révèle des Secrets Insoupçonnés de la Grotte d’El Mirón
Espagne – Une nouvelle approche de l’archéologie, basée sur l’analyse de l’ADN ancien présent dans les sédiments, ouvre une fenêtre inédite sur le passé de la grotte d’El Mirón, en Espagne. des chercheurs de l’Université de Vienne, menés par Pere Gelabert, ont démontré que les sédiments eux-mêmes constituent une véritable archive biologique, capable de révéler la présence d’espèces, humaines et animales, même en l’absence de restes osseux ou d’outils.
Jusqu’à présent, l’étude des sites archéologiques se concentrait principalement sur les artefacts et les restes physiques. Cette nouvelle méthode, la paléogénomique sédimentaire, révèle que l’ADN persistant dans les sédiments peut témoigner de la présence de créatures ayant foulé les lieux, même si elles n’ont laissé aucune trace visible. Les sédiments agissent comme une sorte de “signature biologique” de tous ceux qui ont traversé un endroit.
“Le dossier archéologique traditionnel,basé uniquement sur les os et les outils,peut laisser de nombreuses pièces du puzzle manquantes”,explique Pere gelabert.
Cependant, cette technique n’est pas sans limites. Identifier précisément la source de l’ADN – cheveu, urine, cellule cutanée – reste un défi.Les chercheurs travaillent donc à affiner leur capacité à déterminer l’origine de l’ADN et à la combiner avec d’autres méthodes d’analyse, comme la paléoprotéomique (l’étude des vieilles protéines).
Cette découverte souligne l’importance de reconsidérer les sites archéologiques déjà explorés. Ce qui était autrefois considéré comme de la “terre sans intérêt” pourrait en réalité contenir des informations cruciales sur l’histoire de l’humanité et de son environnement.
Un Nouveau Chapitre de l’Archéologie
L’étude d’El Mirón, publiée dans Nature Communications, se concentre sur la fin du Pléistocène, une période charnière de l’histoire de l’humanité. Elle offre un aperçu de la persistance humaine et de la présence de carnivores dans la région à cette époque.
Cette avancée ouvre des perspectives considérables pour la recherche archéologique. Elle permet d’étudier des sites où les restes physiques sont rares ou absents, et de reconstituer des écosystèmes passés avec une précision accrue. Elle pourrait également aider à comprendre les migrations humaines, les interactions entre les espèces et l’évolution des populations au fil du temps.
L’avenir de l’archéologie semble donc résider dans une approche plus holistique, combinant les méthodes traditionnelles avec les nouvelles technologies de l’ADN ancien. En regardant différemment ce qui nous entoure, nous pourrons déchiffrer les secrets que la Terre a gardés pendant des millénaires.
Référence :
Glabert, P., Opération, V., Strause, LG et Al.Une perspective de ADN sédimentaire ancien sur la persistance humaine et carnivore à la fin du Pléistocène dans la grotte d’El Mirón, en Espagne Nat Commun 16 , 107 (2025).
