L’Égypte accélère la transformation numérique de son système fiscal pour attirer les investissements étrangers
Le Caire – L’Égypte intensifie ses efforts pour moderniser son système fiscal, avec le lancement d’une nouvelle application mobile et une série de mesures visant à simplifier les procédures et à renforcer la confiance des investisseurs, a annoncé Rasha Abdel Aal, présidente de l’Autorité fiscale égyptienne (ETA). Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à améliorer le climat des affaires et à intégrer davantage l’économie informelle.
L’application mobile, dévoilée récemment, permet aux contribuables de payer la taxe sur les transactions immobilières électroniquement et d’obtenir rapidement des certificats de conformité fiscale. Abdel Aal a souligné que cette mesure, et d’autres à venir, sont en ligne avec les directives du ministère des Finances visant à améliorer la communication avec les chambres de commerce étrangères.
“Nous reconnaissons le rôle crucial que jouent ces chambres dans la représentation des investisseurs, la transmission de leurs préoccupations et la collecte de leurs commentaires,” a déclaré Abdel Aal lors d’une réunion organisée par la Chambre de Commerce Suisse en Égypte. “Leur contribution est essentielle pour affiner nos mesures de facilitation fiscale.”
Ces efforts interviennent à un moment où l’Égypte cherche activement à attirer les investissements directs étrangers (IDE). Selon un rapport récent de la Chambre de Commerce Suisse, les investissements suisses en Égypte ont atteint 676,4 millions de dollars au cours de l’exercice 2022/2023 et 600,6 millions de dollars en 2023/2024, portant le total des investissements à environ 1,2 à 1,3 milliard de dollars. Ces investissements ont permis la mise en œuvre de 443 projets et la création d’environ 25 000 emplois directs.
L’ETA a déjà mis en œuvre un premier ensemble de mesures de facilitation fiscale, permettant aux contribuables de soumettre et de modifier leurs déclarations d’impôts sans pénalités, favorisant ainsi un climat de confiance et encourageant la régularisation fiscale. Un second ensemble de 26 mesures est en préparation, axé sur la réduction des délais de remboursement de la TVA et la simplification des procédures associées.
Parmi les nouvelles initiatives, l’ETA prévoit de lancer une “Carte d’Excellence Fiscale” pour les contribuables conformes, offrant un accès prioritaire aux procédures, aux services des unités de décision anticipée et de soutien aux investisseurs, ainsi que des remboursements de TVA accélérés. Un système centralisé de compensation électronique sera également mis en place pour faciliter la compensation des crédits et des débits fiscaux, réduisant ainsi les délais de traitement et simplifiant les règlements.
L’ETA a également publié un guide complet sur le traitement fiscal des services exportés, aligné sur les normes internationales, afin de garantir la stabilité des transactions commerciales transfrontalières.
Abdel Aal a insisté sur la coopération continue de l’ETA avec les grandes entreprises internationales pour développer des systèmes fiscaux conformes aux meilleures pratiques mondiales. Elle a également souligné l’importance d’élargir l’assiette fiscale et d’intégrer l’économie informelle dans le système formel, notamment grâce à un régime fiscal simplifié pour les entreprises dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur à 20 millions de livres égyptiennes. Ce régime offre des incitations claires, notamment un impôt sur le revenu proportionnel allant de 0,4 % à 1,5 % en fonction des tranches de chiffre d’affaires, ainsi qu’une exonération de contrôle fiscal pendant cinq ans.
L’ETA travaille en étroite collaboration avec les chambres de commerce étrangères, notamment la Chambre de Commerce Suisse, pour répondre rapidement aux préoccupations des investisseurs. Toutes les questions soulevées par les entreprises suisses concernant l’impôt sur le revenu, la TVA et le système fiscal automatisé ont été résolues, selon Abdel Aal.
Ces réformes fiscales interviennent dans un contexte mondial où la transparence et la simplification des procédures fiscales sont de plus en plus considérées comme des facteurs clés pour attirer les investissements et stimuler la croissance économique. L’Égypte, en modernisant son système fiscal, espère se positionner comme une destination attractive pour les investisseurs étrangers et renforcer son rôle dans l’économie régionale.
