« Drag » : Comédie noire et suspense inattendu déstabilise SXSW
AUSTIN, Texas (AP) – Le festival SXSW a été secoué par « Drag », un thriller horrifique teinté de comédie noire qui, contre toute attente, évite les clichés habituels sur le genre et la sexualité pour se concentrer sur une escalade de malheurs lors d’un cambriolage qui tourne mal. Le film, présenté dans la sélection Midnighter du festival, est le premier long métrage des réalisateurs Raviv Ullman et Greg Yagolnitzer.
Loin de s’intéresser aux débats culturels contemporains, « Drag » tire son titre de l’action physique de traîner un objet lourd, en l’occurrence une femme, sur le sol. Une prémisse qui, dès le départ, annonce un ton décalé et une approche subversive.
Le film met en scène Lizzy Caplan et Lucy DeVito dans les rôles de deux sœurs aux prises avec leurs propres démons et une relation conflictuelle. Caplan incarne une petite escroc, constamment à la recherche d’argent facile, tandis que DeVito joue le rôle de la sœur responsable, mariée et mère de famille, qui se laisse malgré elle entraîner dans les plans de sa cadette. Leur tentative de cambriolage dans une maison isolée prend une tournure inattendue lorsqu’elles se retrouvent confrontées à un propriétaire des lieux, interprété par John Stamos, dont les intentions s’avèrent bien plus sinistres qu’un simple refus de se faire dérober ses biens.
« Drag » ne se contente pas de jouer avec les codes du thriller, mais explore également la dynamique complexe entre les deux sœurs. Le script, bien que centré sur une crise, parvient à maintenir une tension palpable et un humour grinçant tout au long des 90 minutes du film.
Stamos, contre toute attente, livre une performance subtile et inquiétante, tandis que Christine Ko apporte une touche de légèreté en incarnant une invitée imprudente et inconsciente du danger qui la guette.
L’esthétique du film est également notable, avec une photographie soignée qui met l’accent sur les plans en plongée, soulignant la vulnérabilité des personnages. La bande originale, composée par Patrick Stump, leader du groupe Fall Out Boy, adopte une approche plus classique du suspense, contrastant avec l’utilisation de morceaux vintage du groupe Bonzo Dog Band, qui apporte une touche de bizarrerie calculée.
Si certains spectateurs pourraient trouver la fin du film un peu trop cruelle, « Drag » reste une œuvre originale et audacieuse, qui ne craint pas de bousculer les conventions et de surprendre son public. Un petit bijou d’humour noir qui devrait laisser une impression durable.
Le film, qui sortira en 2026, est déjà salué pour son approche rafraîchissante du genre et ses performances d’acteurs convaincantes. Il confirme le talent prometteur des réalisateurs Raviv Ullman et Greg Yagolnitzer.
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