Don Lemon affirme avoir été arrêté par une douzaine d’agents fédéraux malgré sa promesse de se rendre
Los Angeles, Californie – L’ancien présentateur de CNN, Don Lemon, a révélé qu’une douzaine d’agents fédéraux se sont rendus dans son hôtel de Los Angeles la semaine dernière pour l’arrêter, alors qu’il avait déjà informé les autorités de son intention de se rendre pour répondre à des accusations de violation des droits civils. L’affaire, qui soulève des questions sur l’utilisation des ressources fédérales et la liberté de la presse, a été relatée par Lemon lors de l’émission “Jimmy Kimmel Live!” lundi soir.
Selon Lemon, l’arrestation s’est déroulée de manière abrupte. “J’appuyais sur le bouton de l’ascenseur et tout d’un coup, je me suis senti bousculé et des gens ont essayé de me saisir et de me menotter”, a-t-il raconté à Kimmel. Il a demandé aux agents d’identifier leur affiliation et de lui présenter un mandat, mais ils n’en avaient pas sur eux initialement. Un agent du FBI a finalement été appelé pour lui montrer le mandat sur son téléphone portable.
L’arrestation de Lemon fait suite à une enquête sur son reportage concernant une manifestation anti-immigration qui a perturbé un service religieux à l’église Cities Church de St. Paul, dans le Minnesota, le 18 janvier. Un pasteur de cette église est également un responsable de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). Lemon, ainsi que la journaliste indépendante Georgia Fort et d’autres, ont été inculpés de conspiration et d’entrave aux droits constitutionnels des fidèles.
L’avocat de Lemon, Abbe Lowell, a dénoncé une “attaque sans précédent contre le Premier Amendement” et une “tentative transparente de détourner l’attention des nombreuses crises auxquelles cette administration est confrontée”. Lemon a affirmé qu’il n’était pas un manifestant, mais un journaliste qui documentait les événements. “Je suis allé là-bas pour être un journaliste. J’ai suivi ce groupe et j’ai rapporté ce qu’il se passait”, a-t-il déclaré.
L’affaire intervient dans un contexte de tensions croissantes concernant la liberté de la presse et les limites de l’intervention gouvernementale. En 2023, Jimmy Kimmel lui-même a été temporairement suspendu par ABC suite à des remarques controversées, suscitant des inquiétudes quant à la censure et à la pression politique sur les médias. (Voir : https://www.cbsnews.com/news/late-night-hosts-jimmy-kimmel-suspension-stephen-colbert-jon-stewart/)
Lemon a été relâché après l’intervention d’un juge et a déclaré aux journalistes : “Je ne serai pas réduit au silence”. Il a passé une nuit en détention, se plaignant du fait que les menottes lui irritaient le poignet à cause d’un bracelet en diamant et qu’il n’avait pas pu contacter immédiatement son mari ou son avocat.
Le Département de la Justice et le FBI n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires. L’affaire est susceptible de susciter un débat national sur l’équilibre entre la liberté de la presse, la sécurité publique et le respect des droits civils.
Contexte et impact public :
Les arrestations de journalistes, même pour des accusations potentielles de violation de la loi, suscitent des inquiétudes quant à l’intimidations et l’impact sur la capacité des médias à exercer leur rôle de chien de garde. Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), au moins 37 journalistes ont été arrêtés dans le monde en 2023, dont un nombre croissant dans des démocraties. (Source : https://cpj.org/)
Cette affaire pourrait également avoir des implications pour la couverture médiatique des manifestations et des événements politiques sensibles, en incitant les journalistes à la prudence et à l’auto-censure.
À suivre :
Don Lemon a déclaré qu’il plaiderait non coupable et qu’il se battrait contre les accusations portées contre lui. L’issue de cette affaire pourrait avoir des conséquences importantes pour la liberté de la presse et la protection des droits civils aux États-Unis.
