Le dollar s’envole sur fond de tensions au Moyen-Orient et d’incertitudes économiques
Par [Votre Nom], Rédacteur en chef, Section Économie, nouvelles-du-monde.com
NEW YORK (AFP) – Le dollar américain poursuit sa montée en puissance, atteignant des sommets mensuels, porté par la crainte d’une escalade des tensions au Moyen-Orient et la perspective d’un maintien prolongé de la politique monétaire restrictive de la Réserve fédérale américaine (Fed). Cette dynamique accentue les divergences économiques entre les États-Unis et d’autres régions du monde, notamment l’Europe et l’Asie.
La crise géopolitique actuelle, avec des attaques persistantes contre les pétroliers dans le Golfe, maintient les prix du pétrole à un niveau élevé, dépassant les 100 dollars le baril. Les efforts déployés par les autorités internationales pour limiter la hausse des prix de l’énergie, notamment la libération de réserves stratégiques, se sont avérés jusqu’à présent insuffisants. Les perturbations de l’approvisionnement, estimées à 20 millions de barils par jour, sont difficiles à compenser. Les investisseurs anticipent désormais une interruption prolongée, réduisant considérablement les chances d’une normalisation rapide de la situation. Il y a dix jours, la probabilité d’un retour à la normale du trafic dans le détroit d’Ormuz d’ici fin avril était estimée à 79%. Elle est désormais tombée à 44%.
Cette situation profite au dollar, considéré comme une valeur refuge en période d’incertitude. Les investisseurs se tournent vers l’actif américain, renforçant sa demande et contribuant à son appréciation.
La Fed reste inflexible
Parallèlement, les données économiques américaines, notamment l’indice des prix à la consommation (IPC) préféré de la Fed, devraient confirmer une inflation persistante. L’IPC devrait atteindre 3,1% en glissement annuel en janvier, après un point bas de 2,6% l’été dernier. Cette tendance limite la marge de manœuvre de la Fed pour assouplir sa politique monétaire. Les marchés financiers anticipent désormais une seule baisse de taux de 25 points de base pour l’ensemble de l’année 2026, contre des prévisions plus optimistes auparavant.
La réunion de la semaine prochaine du Comité fédéral de l’open market (FOMC) devrait confirmer cette orientation hawkish, renforçant davantage le dollar.
Divergences économiques croissantes
L’impact de la crise énergétique et de la politique monétaire divergente se traduit par une divergence croissante des performances économiques entre les États-Unis et d’autres régions. Les marchés boursiers européens et asiatiques ont subi des baisses plus importantes que ceux des États-Unis ce mois-ci, respectivement de 6 à 7% et de 8 à 9%, tandis que le S&P 500 et le Nasdaq ne sont en baisse que de 3% et 1,5%. L’indépendance énergétique des États-Unis offre une protection relative à son économie.
L’euro, quant à lui, est tombé à un nouveau plus bas de sept mois, s’échangeant désormais sous 1,15 dollar. Les entreprises européennes, confrontées à des coûts énergétiques plus élevés, subissent de plein fouet l’impact de la hausse du dollar. Les spreads souverains des pays de la périphérie de la zone euro s’élargissent également, reflétant les inquiétudes des investisseurs quant à la soutenabilité de la dette publique.
Le yen sous pression
Le yen japonais est également sous pression, atteignant des niveaux où les autorités japonaises pourraient être tentées d’intervenir sur le marché des changes. Une intervention pourrait prendre différentes formes, allant d’une action unilatérale de la Banque du Japon à une intervention coordonnée avec la Fed. Cependant, la situation ne s’améliorera durablement que si les prix de l’énergie baissent.
Le dollar devrait continuer à progresser à court terme, avec un objectif de 100,25/35, le plus haut niveau atteint l’été dernier. Les traders, prudents, devraient éviter de prendre des positions courtes sur le dollar avant le week-end, compte tenu des risques géopolitiques persistants.
