Diabète de type 2 : près d’un tiers des adultes touchés par des complications cardiorénocales

Près d’un tiers des adultes développent une maladie cardiorénocale ou décèdent dans les cinq ans suivant un diagnostic de diabète de type 2, ce risque grimpant à plus de 55 pour cent sur dix ans, d’après une vaste étude présentée lors de la réunion annuelle de l’Association européenne pour l’étude du diabète à Milan.

Des recherches d’envergure menées aux États-Unis auprès de plus de 1,6 million de patients nouvellement diagnostiqués entre janvier 2010 et mars 2024 démontrent que les complications s’accumulent dangereusement au fil du temps. Les travaux, mis en avant lors des travaux présentés à Milan, indiquent que le risque combiné d’insuffisance rénale chronique, d’insuffisance cardiaque ou de décès atteint 33 pour cent en l’espace de cinq ans, avant de bondir à 55,1 pour cent à l’horizon de dix ans.

Le cumul des atteintes rénales et cardiaques après le diagnostic

L’âge moyen des participants au moment de leur inclusion s’établissait à 59 ans, avec une part de femmes s’élevant à 51 pour cent. Les données révèlent en outre un profil métabolique lourd avant même la pose du diagnostic : l’indice de masse corporelle moyen atteignait 30,9 kilogrammes par mètre carré chez les patients pour lesquels cette mesure était enregistrée, tandis que 72 pour cent des sujets souffraient de dyslipidémie et que 68 pour cent présentaient une hypertension artérielle, comme le détaille l’analyse détaillée des données de santé.

Dans les cinq années suivant le diagnostic initial, le risque de développer d’abord une maladie rénale chronique s’avère plus de deux fois supérieur à celui d’essuyer une insuffisance cardiaque, avec des taux respectifs de 19 pour cent et de 8,3 pour cent. Les patients touchés en premier par l’insuffisance cardiaque encourent un risque de 42 pour cent de développer une affection rénale au cours des cinq années suivantes. À l’inverse, ceux qui subissent une dégradation rénale initiale font face à une probabilité de 23 pour cent de voir leur cœur défaillir sur la même période, selon les précisions rapportées par les chercheurs en médecine de précision.

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Photo : nature.com

Une prise en charge globale et précoce réclamée

L’association fréquente du diabète à l’excès de poids, aux lipides sanguins anormaux et à la tension élevée soumet les vaisseaux sanguins et les organes vitaux à rude épreuve.

Le professeur Naveed Sattar, de l’Université de Glasgow, a indiqué : « Nos conclusions montrent clairement à quel point les complications graves associées au diabète de type 2 augmentent fortement au fil du temps, car l’association souvent fréquente chez les patients de l’obésité, d’anomalies des lipides sanguins, de l’hypertension artérielle et d’une glycémie plus élevée endommage les vaisseaux sanguins et les organes vitaux. »

Diabète de type 2 : près d'un tiers des adultes touchés par des complications cardiorénocales
Photo : brightsurf.com

Les auteurs rappellent que l’étude, de nature observationnelle, ne permet pas d’établir un lien de cause à effet direct et comporte d’éventuels biais de sélection, notamment liés aux origines ethniques des patients.

Le professeur Naveed Sattar, de l’Université de Glasgow, a souligné : « Nos résultats soulignent l’importance cruciale de détecter et de traiter le diabète de type 2 de manière approfondie et dès la première occasion afin de contribuer à réduire le risque de complications graves. »

Les projections démographiques estiment que le diabète de type 2 pourrait toucher jusqu’à 1,3 milliard de personnes à l’échelle planétaire d’ici l’année 2050, comme l’indique le point sur la mortalité et les risques associés.

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