Le secrétaire américain à l’Armée de terre Dan Driscoll a démissionné après des mois de tensions avec le ministre de la Défense Pete Hegseth, selon des informations confirmées par la Maison-Blanche. Cette démission survient alors que les États-Unis affrontent un conflit prolongé avec l’Iran, dont l’ancien ministre de la Défense Leon Panetta redoute qu’il ne dure encore des mois.
Les tensions au sommet du Pentagone et le départ de Dan Driscoll
Le secrétaire américain à l’Armée de terre, Dan Driscoll, a quitté ses fonctions après plusieurs mois de désaccords profonds avec le secrétaire à la Défense Pete Hegseth. Sa démission intervient cinq mois après l’éviction du chef d’état-major de l’armée de terre, le général Randy George, limogé début avril. Nommé en décembre 2024 par Donald Trump, son mandat aura donc duré un peu plus de dix-huit mois.
La Maison-Blanche a tenu à saluer le travail de son responsable sortant à través un communiqué officiel.
La Maison Blanche a déclaré dans un communiqué que le secrétaire Driscoll s’était montré extrêmement efficace pour promouvoir le programme du président Trump tout en apportant un leadership remarquable lors d’opérations militaires historiques.
Anna Kelly, porte-parole de la Maison Blanche
La porte-parole de la Maison Blanche, Anna Kelly, a également ajouté dans un communiqué que l’armée américaine était « plus forte que jamais grâce à son travail aux côtés » de Donald Trump et du ministre de la Défense, Pete Hegseth. Vétéran de la guerre d’Irak, investisseur dans le secteur technologique et ancien conseiller de JD Vance, qu’il a rencontré à la faculté de droit de Yale, Dan Driscoll avait été qualifié par Donald Trump de perturbateur et d'agent de changement lors de sa nomination en 2024. Dan Driscoll s’est également présenté sans succès au Congrès en 2020 avant d’être conseiller dans l’équipe de campagne pour la réélection de Donald Trump en 2024.
Derrière les hommages officiels, les désaccords structurant ce départ trouvaient leur source dans des arbitrages stratégiques et des évictions successives au sein de la hiérarchie militaire. Dan Driscoll s’était opposé au départ, début avril, du chef d’état-major Randy George ainsi que de deux autres officiers : le général David Hodne, qui dirigeait le commandement de transformation et d’entraînement de l’armée, et le major-général William Green, à la tête du corps des aumôniers. Ces limogeages sont intervenus sans raison officielle mais sur fond de désaccords d’une décision du secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, de bloquer la promotion de quatre officiers, dont deux Afro-Américains et deux femmes. Selon Associated Press, le départ de Dan Driscoll fait suite à l’évincement d’un de ses alliés de l’armée de terre, ainsi qu’à l’abandon d’un programme de drones qu’il avait défendu avec ferveur, un programme de modernisation des drones salué par l’ancien secrétaire.
Une armée de terre privée de direction permanente en pleine crise internationale
Le départ de Dan Driscoll laisse l’armée de terre américaine dans une situation particulièrement délicate, privée simultanément de direction civile et militaire permanente. Le poste du général Randy George est occupé actuellement par le général Christopher LaNeve, vétéran des guerres d’Irak et d’Afghanistan désigné pour assurer l’intérim après une ascension fulgurante sous les ordres de Pete Hegseth.

Dan Driscoll avait par ailleurs pris part aux négociations sur la guerre en Ukraine, aux côtés des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, jouant un rôle majeur dans la simplification des procédures administratives pour les entreprises d’armement. Ses relations avec Pete Hegseth étaient en revanche notoirement mauvaises, selon les médias américains qui bruissaient de rumeurs sur son départ depuis plusieurs mois. Le sénateur démocrate Jack Reed, plus haut responsable d’opposition au sein de la commission des Forces armées, a fait directement porter au chef du Pentagone la responsabilité de la démission de Dan Driscoll en déclarant : « Il est grand temps que le président Trump prenne conscience des dommages durables que Pete Hegseth inflige au département de la Défense ».
Cette instabilité institutionnelle intervient dans un moment délicat pour les États-Unis en guerre contre l’Iran.
Les perspectives sombres du conflit iranien selon Leon Panetta
Pendant que le Pentagone gère ses crises internes de gouvernance, la guerre engagée contre l’Iran fait l’objet de graves préoccupations formulées par d’anciens hauts responsables. L’ancien ministre de la Défense américain Leon Panetta a déclaré que la guerre avec l’Iran pourrait s’étendre sur six mois supplémentaires, soulignant que le conflit manquait de solutions claires pour y mettre fin. Dans une interview accordée au journal « Le Guardian », Leon Panetta a ajouté que la guerre pourrait se transformer en « une autre guerre éternelle au Moyen-Orient », reflétant ainsi les craintes d’un conflit persistant sans fin précise ni issue politique réaliste. Il a souligné que les États-Unis et l’Iran étaient piégés dans une impasse dangereuse où les options pour achever définitivement le conflit se réduisent.

Leon Panetta a poursuivi en affirmant que la poursuite de la guerre menaçait d’accroître les tensions régionales, assurant que l’absence de perspectives de solution renforçait la probabilité qu’elle devienne un conflit de longue durée difficile à contenir sur le plan politique. Il a insisté sur le fait que la situation actuelle impose des défis majeurs aux États-Unis, en particulier face à des solutions de rechange diplomatiques limitées rendant la fin du conflit extrêmement complexe sur le plan pratique. Enfin, il a affirmé que l’impasse actuelle entre les deux parties reflétait une crise de confiance et que toute tentative de mettre un terme au conflit nécessitait une forte volonté politique, qui semble absente pour l’instant de manière réaliste.
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