Un juge fédéral ordonne le retour aux États-Unis d’une bénéficiaire du programme DACA déportée au Mexique
SACRAMENTO, Californie – Un juge fédéral a ordonné lundi au gouvernement américain de ramener aux États-Unis Maria de Jesus Estrada Juarez, une Californienne bénéficiant du programme DACA (Deferred Action for Childhood Arrivals) et déportée au Mexique le mois dernier. La décision, rendue par la juge Dena Coggins du tribunal de district américain de Sacramento, stipule que le gouvernement doit rétablir les protections de Mme Estrada Juarez, “comme si sa déportation du 19 février 2026 ne s’était jamais produite”.
L’affaire a suscité une vive émotion et l’attention de plusieurs élus, notamment le sénateur Alex Padilla (D-Calif.). L’avocate de Mme Estrada Juarez, Stacy Tolchin, a soutenu que sa cliente avait été déportée illégalement, moins d’un jour après s’être présentée à un rendez-vous d’immigration à Sacramento.
Le gouvernement avait argué qu’il n’avait pas juridiction sur l’affaire, la requête ayant été déposée après la déportation de Mme Estrada Juarez, et que sa déportation relevait d’une décision discrétionnaire. La juge Coggins a rejeté cet argument, estimant que Mme Estrada Juarez avait été déportée “en flagrante violation des protections réglementaires qui lui étaient accordées en vertu du programme DACA, et en violation des protections constitutionnelles qui lui étaient accordées en vertu de la clause de procédure régulière du cinquième amendement de la Constitution américaine”.
Mme Estrada Juarez, qui travaille comme directrice régionale pour Motel 6, bénéficie de la protection du programme DACA depuis 2013. Elle avait déposé une demande de résidence permanente légale, une carte verte, par l’intermédiaire de sa fille, Damaris Bello, 22 ans, citoyenne américaine. Sa déportation, survenue après un entretien pour l’obtention de cette carte verte, avait provoqué un tollé.
Selon les données fédérales, plus de 515 000 bénéficiaires du programme DACA, surnommés les “Dreamers”, vivent aux États-Unis. La Californie compte 144 000 bénéficiaires, soit le plus grand nombre de tous les États.
Le Département de la Sécurité intérieure avait affirmé avoir réactivé un ordre d’expulsion rapide datant de 1998, lorsque Mme Estrada Juarez avait 15 ans. Cependant, son avocate a souligné que cet ordre manquait d’approbation hiérarchique et n’avait jamais été finalisé, et qu’il n’existait donc pas d’ordre d’expulsion valide à réactiver. Mme Tolchin a également précisé que Mme Estrada Juarez n’avait jamais été confrontée à un juge d’immigration.
Mme Estrada Juarez a déclaré être “submergée par le soulagement et l’espoir” après avoir appris la décision du tribunal. La juge Coggins a donné au gouvernement sept jours pour exécuter l’ordre de retour.
