Cuba annonce des mesures d’urgence face à une crise énergétique exacerbée par la pression américaine
LA HAVANE – Le gouvernement cubain a annoncé vendredi une série de mesures d’urgence visant à atténuer les effets d’une crise énergétique croissante, largement attribuée à la pression économique exercée par les États-Unis. Ces mesures, qui touchent des secteurs clés tels que l’éducation, le travail et les transports, interviennent après la signature d’un décret par l’administration Trump autorisant l’imposition de droits de douane aux pays vendant du pétrole à Cuba.
Le vice-premier ministre Oscar Pérez-Oliva Fraga a expliqué à la télévision d’État que ces décisions sont prises en priorité pour “assurer la vie de notre pays, les services de base, sans renoncer au développement”. Il a précisé que le carburant disponible serait alloué en priorité aux services essentiels et aux activités économiques indispensables.
Les mesures annoncées incluent une réduction de la semaine de travail dans les entreprises d’État à quatre jours (du lundi au jeudi), des restrictions sur la vente de carburant, une diminution des services de bus et de trains entre les provinces, et la fermeture temporaire de certains établissements touristiques. Le secteur de l’éducation sera également impacté, avec des journées de cours raccourcies et un passage à un enseignement semi-présentiel dans les universités. L’objectif principal est de préserver le carburant pour la production alimentaire, la production d’électricité et le maintien des activités génératrices de devises, a souligné M. Pérez-Oliva Fraga.
Cette crise s’inscrit dans un contexte de difficultés économiques persistantes pour Cuba, qui est soumis à un embargo américain depuis 1962. La situation s’est particulièrement détériorée ces six dernières années, et les pressions de Washington se sont intensifiées ces dernières semaines. Les livraisons de pétrole du Venezuela, un allié clé de Cuba, ont été perturbées suite à la situation politique dans ce pays. L’administration Trump a également affirmé que le Mexique, qui fournissait du pétrole à Cuba depuis 2023, allait cesser de le faire.
Le gouvernement américain justifie sa politique par une prétendue “menace exceptionnelle” que Cuba représenterait pour la sécurité nationale américaine, en raison de sa proximité géographique avec les États-Unis (à seulement 150 km de la Floride). La Havane, de son côté, dénonce une tentative d'”asphyxier” l’économie cubaine, où les coupures d’électricité et les pénuries de carburant sont devenues de plus en plus fréquentes ces dernières années.
L’impact de cette crise énergétique est significatif pour la population cubaine, déjà confrontée à des difficultés économiques considérables. Selon les données de l’ONU, plus de 30% de la population cubaine vit dans la pauvreté, et l’inflation galopante a érodé le pouvoir d’achat des citoyens. La situation actuelle risque d’aggraver ces problèmes et de provoquer un mécontentement social croissant.
[Intégration potentielle d’un tweet ou d’une publication Instagram d’un journaliste sur le terrain ou d’une organisation humanitaire documentant la situation à Cuba.]
La crise cubaine soulève des questions importantes sur l’efficacité des sanctions économiques et leur impact sur les populations civiles. Elle met également en lumière les tensions géopolitiques persistantes entre les États-Unis et Cuba, et la complexité des relations internationales dans la région des Caraïbes. Le suivi de cette situation est crucial pour comprendre les implications à long terme pour Cuba et pour la stabilité régionale.
