La 9e Cour d’appel des États-Unis a validé le droit de l’État du Nevada à interdire la plateforme Kalshi et d’autres marchés prédictifs d’offrir des contrats de paris sportifs, concluant que ces produits constituent des jeux d’argent soumis aux réglementations étatiques.
Les marchés de prédiction subissent un revers juridique majeur. La 9e Cour d’appel des États-Unis a statué qu’un panel de trois juges a confirmé à l’unanimité le pouvoir des régulateurs de l’État du Nevada d’interdire à Kalshi d’opérer sur son territoire sans licence de jeu. Cette décision renverse la dynamique pour ces plateformes qui, jusqu’à présent, contestaient l’autorité des États en affirmant relever exclusivement de la compétence de la Commodity Futures Trading Commission.
La décision de la Cour d’appel et le rejet des arguments de Kalshi
Dans sa décision, la cour a rejeté l’argumentation de l’entreprise selon laquelle il serait impossible de se conformer simultanément à la loi du Nevada et au Commodity Exchange Act. Le juge Ryan Nelson a rédigé l’avis de la cour en affirmant que les contrats proposés relèvent directement des jeux d’argent.
La juridiction a ainsi confirmé l’ordonnance du tribunal de district dissolvant l’injonction préliminaire qui protégeait les contrats d’événements sportifs de Kalshi. Toutefois, le dossier concernant les contrats électoraux a été renvoyé au tribunal de district pour un nouvel examen de conformité.
Réactions des régulateurs du Nevada et de l’industrie des jeux
Du côté des autorités du Nevada, la satisfaction est totale. Mike Dreitzer, président du Nevada Gaming Control Board, a déclaré que le jugement de la cour vindicates
la nécessité pour les paris sportifs d’être réglementés de manière adéquate par l’État, un rôle que le Nevada assume depuis plus de soixante-dix ans. Le gouverneur républicain Joe Lombardo a abondé dans ce sens, soulignant que ces marchés de prédiction constituent bel et bien des activités de jeu d’argent.
La riposte juridique et l’avenir des marchés de prédiction
Malgré ce revers devant la neuvième instance, la direction de Kalshi conteste l’interprétation globale de sa portée. Dani Lever, porte-parole de l’entreprise, a souligné que la cour d’appel a reconnu un point fondamental affirmant que le droit fédéral protège les échanges sur une plateforme réglementée au niveau fédéral, à l’instar d’un avis émis en avril par la 3e Cour d’appel.

L’entreprise prévoit donc de poursuivre ses recours juridiques. L’affaire met en lumière les tensions persistantes entre l’innovation financière des plateformes d’échange et la souveraineté des États en matière de législation sur les jeux de hasard, un débat que les analystes estiment devoir se terminer devant la Cour suprême des États-Unis.
À lire aussi