Corée du Sud : le président Lee présente ses excuses pour les adoptions internationales problématiques

Corée du Sud : Excuses historiques pour les adoptions internationales entachées de fraudes

Séoul, Corée du Sud – Le président sud-coréen Yoon Suk-yeol a présenté des excuses officielles pour les violations des droits des enfants impliqués dans les adoptions internationales, un program qui a vu des centaines de milliers de bébés et d’enfants sud-coréens envoyés à l’étranger depuis la fin de la guerre de Corée. L’annonce intervient après la publication d’un rapport accablant par la Commission de vérité et de réconciliation (TRC) qui révèle des pratiques frauduleuses et un manquement du gouvernement à protéger les droits des adoptés.

Le rapport de la TRC met en lumière des cas de falsification de documents, de substitutions d’enfants et de vérifications insuffisantes des familles adoptives. Ces pratiques, selon le rapport, étaient motivées par la volonté du gouvernement d’accélérer les adoptions à l’étranger au détriment du renforcement des programmes de protection sociale nationale.

L’ampleur du programme est considérable : au moins 170 000 enfants sud-coréens ont été adoptés à l’étranger, principalement dans les années 1970 et 1980, une période de forte croissance économique pour le pays. Surprenamment, même après l’essor économique de la Corée du Sud, plus de 100 enfants par an continuaient d’être envoyés à l’étranger pour adoption jusqu’aux années 2020.

“Au nom de la République de Corée, j’offre mes sincères excuses et condoléances aux adoptés internationaux, à leurs familles et à leurs familles d’origine qui ont souffert”, a déclaré le président Yoon.

Cette annonce coïncide avec une étape cruciale : la Corée du Sud est officiellement devenue partie à la Convention d’adoption de La Haye, un traité international visant à garantir des procédures d’adoption plus sûres et plus transparentes. Séoul a ratifié le traité en juillet, après une douzaine d’années de signature.

Le gouvernement sud-coréen s’engage désormais à “protéger les droits des adoptés et à établir un système d’adoption centré sur les droits de l’homme”, ainsi qu’à fournir un soutien aux adoptés internationaux souhaitant retrouver leurs racines.

Contexte et enjeux persistants :

L’histoire des adoptions internationales en Corée du Sud est profondément liée à son contexte socio-économique. Après la guerre de Corée, le pays a été confronté à une pauvreté généralisée et à un manque de structures de soutien pour les mères célibataires et les enfants abandonnés. Les adoptions à l’étranger étaient alors perçues comme une solution, mais elles ont souvent été menées dans des conditions opaques et sans le consentement éclairé des mères biologiques.

Les adoptés internationaux, souvent confrontés à des arduousés d’identité et à des traumatismes liés à la séparation de leurs familles d’origine, ont longtemps milité pour la vérité et la justice. La ratification de la Convention de La Haye et les excuses du président Yoon représentent une avancée significative, mais le chemin vers la réconciliation et la réparation reste long. Les questions de l’accès aux documents d’adoption, de la recherche des familles biologiques et du soutien psychologique aux adoptés restent des priorités cruciales. L’évolution de la Corée du Sud vers un système d’adoption plus éthique et centré sur l’enfant est un processus continu qui nécessite une vigilance constante et un engagement ferme de la part du gouvernement et de la société civile.

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