Copernicus : Août 2026 est le mois le plus chaud jamais mesuré au monde

Le mois d’août 2026 s’est hissé au rang de mois le plus chaud jamais mesuré à la surface du globe, à égalité avec juillet 2023, selon les données du service européen Copernicus. Portée par le cumul du changement climatique et d’un phénomène El Niño, cette canicule planétaire pulvérise de nouveaux records.

La planète a franchi un nouveau jalon climatique. Avec une température moyenne de l’air s’établissant à 16,96°C, le mois d’août 2026 a égalé le record absolu enregistré en juillet 2023, s’imposant comme le mois le plus chaud de l’histoire moderne selon le service météorologique européen Copernicus, dont les archives s’étendent jusqu’en 1940. En raison d’une marge infime entre les deux mesures, l’agence européenne classe ces deux mois ex aequo.

Cette fournaise estivale positionne l’ensemble de la période de juin à août 2026 au sommet des étés les plus chauds jamais enregistrés à l’échelle mondiale, rejoignant le record codétenu avec l’année 2024. Pour Samantha Burgess, responsable scientifique du climat au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, la situation dépasse largement les variations habituelles.

Samantha Burgess, scientifique au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, a indiqué que le mois d’août 2026 avait été un mois remarquable dans l’histoire du climat mondial.

L’Europe et les États-Unis sous une fournaise historique

L’hémisphère nord a concentré les manifestations les plus violentes de cette surchauffe. De New York à Tokyo en passant par Rome et New Delhi, les populations ont subi des températures étouffantes. L’Europe occidentale a traversé une succession de vagues de chaleur d’une intensité rare, devançant même l’été caniculaire de 2003 pour s’inscrire comme le plus chaud de son histoire. Sur l’ensemble du continent européen, la température moyenne de l’air a atteint 20,26°C en août.

Copernicus : Août 2026 est le mois le plus chaud jamais mesuré au monde
Photo: houstonchronicle.com

De l’autre côté de l’Atlantique, la situation n’a pas été moins critique. La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) a officialisé un constat marquant : le territoire continental américain a connu cet été un niveau de chaleur supérieur à celui de la période critique de la tristement célèbre « Dust Bowl » de 1936, pulvérisant un record vieux de quatre-vingt-dix ans. Aux États-Unis, le mois d’août s’est distingué par une moyenne de 75,58°F, tandis que les maximales diurnes ont grimpé en moyenne à 88,56°F.

Une température globale supérieure de 1,65°C aux niveaux préindustriels

L’accélération du réchauffement se lit également à travers le prisme des seuils internationaux. En août 2026, la température moyenne mondiale s’est établie à 1,65°C au-dessus de la moyenne de l’ère préindustrielle (1850-1900). C’est la première fois que ce seuil mensuel est dépassé depuis novembre 2025. Bien que l’accord de Paris de 2015 fixe une limite de réchauffement à 1,5°C calculée sur de longues périodes, la récurrence de ces dépassements montre la rapidité de la trajectoire actuelle.

Copernicus : Août 2026 est le mois le plus chaud jamais mesuré au monde
Photo: chinadaily.com.cn

Le climatologue Zeke Hausfather, interrogé par la presse, souligne que la cadence des records illustre une accélération directe du dérèglement climatique d’origine humaine, rappelant que les huit mois les plus chauds jamais mesurés se sont tous concentrés depuis juillet 2023.

Le rôle aggravant des océans et d’El Niño

L’atmosphère n’est pas la seule concernée : les mers du globe affichent des anomalies spectaculaires. La température moyenne de surface des océans hors régions polaires a atteint 21,07°C en août, égalant le record historique de mars 2024. Le 22 août a même été consacré journée la plus chaude jamais enregistrée dans les mers de la planète.

A number of people are crossing the street in Rome, in the shadow of the Colosseum, - several are holding umbrellas and
Photo: bbc.co.uk

Ce surcroît thermique est amplifié par le retour du phénomène climatique naturel El Niño dans le Pacifique tropical. Ce cycle chaud libère d’importantes quantités de chaleur accumulée dans les océans vers l’atmosphère. Les climatologues estiment que le phénomène en cours pourrait s’intensifier et devenir l’un des plus puissants observés, faisant craindre de nouvelles ondes de chaleur pour l’année à venir.

2025 was the 3rd hottest year ever recorded, European space agency's report finds

Simon Stiell, chef de l’ONU Climat, a affirmé que tant que l’humanité continuerait de brûler des quantités colossales de charbon, de pétrole et de gaz, la pollution générée continuerait de faire surchauffer notre planète, et des vagues de chaleur extrême continueraient de pulvériser des records absolus.

Face à ces constats, les experts appellent à une action immédiate. Selon les données provisoires de la plateforme EuroMomo et les autorités sanitaires européennes, cet été caniculaire a déjà été associé à de nombreux décès excédentaires sur le continent, illustrant concrètement le coût humain de la crise climatique.

À lire aussi

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.