Afrique : Les chefs religieux appellent à une COP30 axée sur les solutions locales et la justice climatique
ADDIS-ABEBA, Éthiopie – À l’approche de la COP30, qui se tiendra en Afrique, une coalition de dirigeants religieux chrétiens et musulmans appelle à une approche novatrice, mettant l’accent sur les solutions africaines et la justice climatique.Lors d’un sommet pré-COP organisé à Addis-Abeba, les participants ont insisté sur la nécessité de dépasser les simples discussions et de passer à l’action, enracinée dans les valeurs morales et spirituelles du continent.
“Ce sommet ne doit pas être une énième tribune de discussion, mais un véritable tournant,” a déclaré Kitisya, soulignant l’importance de s’appuyer sur les connaissances et les solutions déjà existantes en Afrique. les évêques présents ont apporté une clarté morale et une conviction spirituelle, s’éloignant de la diplomatie conventionnelle, en appelant à une action fondée sur la justice et la dignité.
Pour la première fois, les organisateurs du sommet ont reconnu officiellement la participation des dirigeants religieux, longtemps relégués à un rôle secondaire dans les processus décisionnels. Tinashe Gumbo, responsable de program pour la Conférence Africa des efforts de justice économique et écologique des églises, a salué cette évolution, affirmant que les groupes religieux ont enfin pu exprimer pleinement leur point de vue.
La déclaration interconfessionnelle adoptée lors de l’atelier pré-sommet, organisé par ACT Alliance et la Conférence Africa des églises, appelle à la paix, à la justice climatique, à l’annulation de la dette comme moyen de justice climatique, au financement climatique, à la réduction des émissions de carbone et à la justice énergétique. Elle souligne également la nécessité d’une transition énergétique juste, qui préserve la dignité des populations et crée de nouvelles opportunités, notamment dans les régions dépendantes des combustibles fossiles comme l’Afrique du Sud et le Nigéria.
Contexte et enjeux de la COP30 en Afrique :
La COP30, qui se tiendra en 2025, représente une opportunité cruciale pour l’Afrique de faire entendre sa voix sur la scène internationale en matière de changement climatique. Le continent est particulièrement vulnérable aux impacts du réchauffement climatique, notamment les sécheresses, les inondations et la désertification, malgré sa faible contribution aux émissions de gaz à effet de serre.
Les appels à l’annulation de la dette, souvent considérée comme un obstacle majeur au développement durable et à la transition énergétique, gagnent en importance. De nombreux pays africains sont accablés par des dettes colossales, limitant leur capacité à investir dans des projets d’adaptation et d’atténuation du changement climatique.
L’inclusion des perspectives spirituelles et morales dans les négociations climatiques est également une évolution significative. Les leaders religieux, en tant que figures influentes dans de nombreuses communautés africaines, peuvent jouer un rôle essentiel dans la sensibilisation, la mobilisation et la promotion de solutions durables.
La réussite de la COP30 dépendra de la capacité des pays africains à présenter une position unifiée et à défendre leurs intérêts, en mettant l’accent sur les solutions locales, la justice climatique et la nécessité d’un financement adéquat pour l’adaptation et l’atténuation.
