Les conservateurs britanniques ont dévoilé un projet de durcissement des conditions d’accès aux allocations pour les jeunes de moins de 25 ans. Ce dispositif « tough love » impose une présence quotidienne dans les centres pour l’emploi ou des stages obligatoires pour les demandeurs aptes au travail n’ayant pas cotisé pendant six mois.
Le parti conservateur britannique cherche à s’attaquer au chômage des jeunes avec une nouvelle politique conditionnant les prestations sociales.
Le dispositif « Get to Work » et ses obligations journalières
–>
Ce nouveau programme remplace temporairement le versement d’Universal Credit par une allocation équivalente, le « Get to Work Allowance ». En contrepartie de cette aide financière, les participants doivent se rendre quotidiennement dans un centre pour l’emploi, suivre des formations de préparation au travail ou effectuer des stages d’immersion professionnelle. Chaque bénéficiaire se voit attribuer un gestionnaire personnel et doit obligatoirement assister à des ateliers de recherche d’emploi ainsi qu’à des sessions de simulation d’entretiens d’embauche.
En revanche, les jeunes qui restent sans travail après un semestre complet sur ce schéma verront leur prestation réduite. Les conservateurs estiment que cette approche ferme permet de lutter contre le nombre de jeunes âgés de 16 à 24 ans qui ne sont ni en études, ni en emploi, ni en formation — une catégorie désignée sous l’acronyme de Neets, qui frôle le million de personnes au Royaume-Uni.
Trop de jeunes quittent l’école et s’inscrivent directement aux prestations sociales — c’est un gâchis de leur potentiel et un désastre pour notre économie.
Helen Whately, secrétaire d’État fantôme au Travail et aux Pensions
Exemptions et critiques des associations caritatives
–>
Le plan conservateur prévoit des exceptions ciblées. Les jeunes inscrits à l’Universal Credit qui justifient d’un historique de travail antérieur de six mois, qui font face à des problèmes de santé, qui assument des responsabilités d’aidant familial ou qui se trouvent en situation d’estranged (coupés de leur famille) échappent à ces obligations. Par ailleurs, la formation politique étudie l’éventualité d’intégrer les revenus et l’épargne des parents dans le calcul des aides sociales destinées à leurs enfants.
Cette proposition suscite des réactions contrastées sur le plan social. L’association caritative de lutte contre la pauvreté Trussell a mis en garde contre ce type de mesures, affirmant que les allocataires de l’Universal Credit manquent déjà des ressources nécessaires pour s’offrir les produits de première nécessité, une précarité qui fragilise directement leur capacité à décrocher un emploi et à s’y maintenir.
Pour aller plus loin