Chute brutale du Bitcoin : des traders hongkongais pointés du doigt
Hong Kong – Le marché des cryptomonnaies a connu une semaine de turbulences, marquée par une chute spectaculaire du Bitcoin qui a perdu près de 15 000 dollars en 24 heures. Si le Bitcoin s’est partiellement redressé vendredi, clôturant autour de 70 000 dollars, l’épisode a semé l’inquiétude parmi les investisseurs et relancé les questions sur la volatilité de cet actif numérique. L’explication la plus plausible à ce krach, selon des experts, pointerait du doigt des traders hongkongais ayant pris des paris à effet de levier trop importants.
Cette théorie, initialement diffusée sur X (anciennement Twitter) par Parker White, ancien trader en actions et actuel directeur des opérations chez DeFi Development Corporation, suggère que des fonds spéculatifs basés à Hong Kong ont subi des pertes massives sur des options d’achat du BlackRock’s IBIT, le plus grand ETF Bitcoin au monde. White a détaillé son analyse dans un long fil de discussion, soulignant l’utilisation d’une stratégie de financement via le “Yen carry trade” – une forme d’arbitrage sur les taux d’intérêt – pour financer ces positions risquées.
L’idée était de parier sur une reprise du Bitcoin après un repli observé en octobre 2025. Or, cette reprise ne s’est pas matérialisée, tandis que les coûts de financement en yens augmentaient, fragilisant davantage les fonds. À cela s’ajoute, selon White, une exposition défavorable aux fluctuations récentes du marché de l’argent. “Je pourrais facilement imaginer que le(s) fonds aient mis en place un trade d’options à effet de levier sur IBIT (des calls très hors de la monnaie = gamma ultra élevé) avec des capitaux empruntés en JPY. Le 10 octobre aurait pu creuser un trou dans leur bilan, qu’ils ont essayé de combler en ajoutant de l’effet de levier en attendant le rebond “évident”. Comme cela a conduit à des pertes accrues, couplées à des coûts de financement accrus en JPY, je peux imaginer que le(s) fonds soient devenus plus désespérés et se soient lancés dans le trade sur l’argent. Lorsque cela a explosé, la situation est devenue critique et cette dernière poussée sur le BTC a fini par les achever”, a-t-il écrit.
Un élément troublant souligné par White est le fait que ces fonds spéculatifs hongkongais opèrent principalement via des ETF Bitcoin, ce qui les place en dehors de l’écosystème crypto traditionnel. Cette situation a empêché la diffusion d’informations sur leurs difficultés au sein de la communauté crypto, limitant ainsi la possibilité d’avertir d’autres investisseurs.
Bien que cette théorie reste à confirmer, elle a trouvé un écho auprès d’autres figures influentes du secteur. Haseeb Qureshi, un investisseur en capital-risque respecté, a qualifié l’explication de plausible, tout en soulignant la difficulté d’obtenir une confirmation définitive sans attendre la publication des rapports réglementaires, qui pourraient prendre des mois. Il a également rappelé que certains acteurs du marché peuvent “disparaître sans laisser de trace”. Un forum Polymarket a même été créé pour parier sur le coupable de ce krach.
Ce repli du Bitcoin s’est produit dans un contexte de vente d’actifs liés à l’intelligence artificielle, d’incertitudes concernant l’adoption d’une loi clé sur la blockchain et de révélations impliquant des noms liés à l’affaire Epstein, autant de facteurs qui ont probablement contribué à la panique.
La Securities and Exchange Commission (SEC) a récemment assoupli les restrictions sur le trading d’options Bitcoin, ce qui pourrait avoir exacerbé la situation. Cet événement souligne la nécessité d’une surveillance accrue du marché des cryptomonnaies et de la mise en place de réglementations adaptées pour protéger les investisseurs. La volatilité inhérente aux cryptomonnaies, combinée à l’utilisation de produits dérivés complexes, représente un risque important pour les investisseurs, en particulier ceux qui utilisent un effet de levier élevé. Le krach du Bitcoin rappelle l’importance de la prudence et de la diversification des portefeuilles d’investissement.
