Ces allergènes "émergents" qu'il faut se méfier

SANTÉ – Moins connus que les allergènes «classiques», certains aliments tels que le kiwi, le sarrasin ou le lait de chèvre sont à l’origine d’allergies graves chaque année en France. C’est ce que souligne, ce vendredi 15 février, l’agence de santé Anses, qui recommande de rendre obligatoire l’information sur leur présence dans les aliments.

Actuellement, seuls 14 allergènes figurant sur une liste établie par l'Union européenne doivent être indiqués sur l'emballage des produits: c'est notamment le cas des noix (noisettes, noix, amandes, etc.), des arachides, des crustacés ou même du lait et des œufs.

Cependant, selon les cas recensés depuis 2002 par le réseau d’allergovigilance (RAV), le lait de sarrasin et de chèvre ou de brebis a provoqué au moins autant d’allergies sévères que les mollusques et le soja (environ soixante 16 ans), dit l’Agence nationale pour la sécurité alimentaire.

Les kiwis, les pignons de pin et l’alpha-galactose, un glucide présent dans la viande de mammifère, représentent tous plus de 1% des cas d’allergies graves, importants comme la moutarde et les sulfites, dont la déclaration est obligatoire.

Numéros partiels

Ces chiffres restent partiels car ils ne répertorient que les cas les plus graves (anaphylaxie alimentaire sévère) et leur déclaration n’est pas obligatoire, mais ils sont suffisamment importants pour inciter l’Anses à recommander "la mise à jour régulière de la liste des allergènes alimentaires à signaler mieux prévenir le risque d'allergie grave ".

L'Agence, mandatée par le ministère de la Santé en 2015 pour mettre à jour les connaissances sur les allergies alimentaires en France, souligne également le "manque de données" disponibles sur le sujet, "notamment en raison des limitations méthodologiques et des méthodes de diversité utilisées".

En conséquence, il est impossible de mesurer la fréquence du phénomène et de dire si les allergies alimentaires sont plus fréquentes qu’il ya vingt ans. "Sur la base de cette observation, l'Anses recommande aux autorités publiques d'améliorer les systèmes de collecte de données sur les allergènes alimentaires, ainsi que l'évaluation de l'incidence ou de la prévalence des allergies, afin de mieux orienter les études et recherches sur les allergies alimentaires."

Il recommande également d'évaluer l'efficacité des systèmes mis en place pour informer les personnes allergiques en matière de restauration collective et commerciale (ergonomie, accessibilité de l'information, pertinence des produits soumis à une obligation d'information).

Dans une étude menée par l'agence en 2014 et 2015, 3,9% des adultes interrogés ont déclaré souffrir d'intolérances ou d'allergies alimentaires. Celles-ci avaient été confirmées par un médecin dans un peu moins de la moitié des cas (45%).

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