Caricatures retraitées du New York Times: ainsi meurt la liberté

0
26

Indignation! Le quotidien américain fait référence au choix de la publication des caricatures dans ses pages. Le politiquement correct gagne tristement des points.


On pourrait croire à une caricature. Le New York Times (NYT) ne publiera plus de caricatures politiques! “Je suis Charlie”, cela n'a jamais été tellement leur truc. Désormais, c’est bien fini.

La pire des décisions

Plus exactement, avons-nous appris ce lundi, bien que compter du 1heu juillet, l’édition internationale du célèbre journal s’alignera sur son édition américaine, et ne publie plus ses dessins satiriques quotidiens.

On the the NYT on the mind not a protection of the susceptibility exacerbée of a self défense of the express expression, on a déjà publié les caricatures du premier numéro de Charlie Hebdo après l’attentat. Comme si nous étions devant les hurlements capricieux des fanatiques et l’arrogance des susceptibilités exacerbées pourrait être autre choisi bien une lâche démission. Voici franchie une étape de plus.

Photo: DR

Photo: DR

Bien sûr, la caricature de Trump et Netanyahou à l'origine de cette décision était odieuse. Bien sûr, elle ressemblait fortement aux affiches de la propagande antisémite nazie. Bien sûr, le NYT n’est pas encore publié. Mais, au lieu de choisir tout le monde caricaturer, le NYT choisit de ne plus caricaturer personne… Au lieu d'assumer le risque de devenir un peu trop loin, il choisit de plus aller nulle part. C’est le pire des décisions qu’il a pu prendre, et c’est l’aboutissement logique et inévitable de politiquement correct sous toutes ses formes.

C’est bien qu’il ne faut pas choisir.
Il ne faut pas heurter.
Il ne faut pas défier les tabous.
Il ne faut pas, surtout, faire quoi, soit obliger à sortir de leur confort intellectuel, soit à se faire si peu soit.

Je suis le seul à pouvoir parler de moi

Je suis une victime, je suis opprimé, je suis descendant à la huitième génération du beau-frère de cousine du voisin ou minorité opprimée: je suis intouchable, et l’univers entier me doit réparation. Je suis le gardien de l’héritage de la survivance de la Renaissance ou très ancien coutume: je suis intouchable, et ma coutume me donne tous les droits.

Si vous parlez de moi en regardant mes différences: vous me stigmatisez. Si vous parlez de moi sans évoquer mes différences: vous niez ma singularité. Au fond, je suis tellement extraordinaire, tellement unique, tellement inaccessible dans ma grandeur, que je suis bien évidemment le seul à pouvoir parler de moi. Nul n'est pas semblable à ce que je suis. Je n'ai jamais vécu ce qui a pu se comparer à une autre situation. Nul ne peut pas comprendre. En fait, je ne suis queun adolescent capricieux. Et si en réalité je suis adulte, disons-le simplement: je suis surtout un sacré c…! Une cible parfaite pour une caricature. Ceux qui s'offusquent de tout sont justement ceux qu'il est urgent de faire, ils se sont rendus victimes ou défenseurs des victimes, des hypersensibles trépignants, des arrogants menaçants, gardes chiourmes de l'amour , des opinions balisées et de la pensée obligatoire.

Car nous ne devons pas nous y tromper. Il n’y avait pas de liberté de pensée sans liberté d’expression, et il n’y avait pas de liberté de liberté d’expression sans liberté de critique, d’humour, de caricature.

Un piège pour la pensée

Nous ne pouvons pas penser seul.

Nous avons besoin d’exprimer nos idées, pour deux raisons. La plus évidente est de la confrontation à la contradiction, de l'enrichissement par les apports des autres. Mais la première raison, la plus fondamentale, il n'y a pas que nous puissions sortir de l'idée vague, et nous leur donnons une forme intelligible, c'est-à-dire une forme que nous-mêmes allons pouvoir analyser et critiquer. Formuler une idée me permet de mettre à distance, à la fois pour le retrravailler et pour ne pas m’identifier à elle. Processus ô combien nécessaire!

Mais comment puis-je faire ce travail avec moi censurer mes idées avant même de formuler? Je serai inévitablement conduit à ne plus exposer que bien des personnes ne sont pas censées être elles-mêmes avec moi. Ou, l’effet d’amplification que cela induit, encourage à faire mes idées jusqu’à la caricature, n’est plus un espace de liberté mais un piège pour la pensée.

Plus encore. La même censure s’applique aux autres. Il est interdit de choisir, de remettre en cause mes certitudes, de signaler les faiblesses et les effets pervers de mes raisonnements. Comment puis-je espérer réfléchir si ma pensée n’est pas nourrie par la confrontation avec des idées contradictoires? Idées que je n’aurais jamais été seul, et qui m’arrachent à ma zone de confort?

Quelqu’un, quelque part, le trouvera choquant

Mais, me dira-t-on, il y a une différence entre le débat d’idées et les blessures – on déplore bien que les invectives se sont arrêtées à la place des discussions. Et la politesse est une condition indispensable de relations paisibles dans une société. Alors, on peut penser librement, sans utiliser des caricatures irrespectueuses et insultantes? Des simplifications grotesques? Des moqueries haineuses? Et bien non.

Ce que j’appelle argument, d’autres le nommeront injure. Ce que je critique, d’autres m’accuseront de lui manquer de respect. Quoi que je puisse dire, quelqu’un, quelque part, le trouvera choquant. Y a-t-il une limite factuelle, une frontière objectif? Peut-être. Mais comment la définir? Je crains que ce ne soit pas un idéal inaccessible. Il y aura toujours des gens pour croire insupportable ce qu'ils ne ne supportent pas.

Je préfère trop de liberté d'expression que assez. Je préfère une société où l’on peut dire, écrire, dessiner ce qui ne devrait pas être l’être, plutôt qu’une société où il est interdit de dire, d’écrire ou de dessiner ce qui devrait l’être. Je préfère une société où l'on peut publier ce qui est scandalisé à une société où l'on ne peut pas scandaliser personne. Je préfère une culture où l’on s’engueule pour la cause de l’affaire Dreyfus to une culture où l’on s’interdit d’en parler.

Célèbre caricature de Caran d'Ache parue en 1898 pendentif l'Affaire Dreyfus.

Célèbre caricature de Caran d’Ache parue en 1898 pendant l’affaire Dreyfus.

Sans scandales, la liberté se meurt

N’oublions pas. Galilée, en son temps, un choix bien des gens et il avait raison. La démocratie à ses débuts? Scandale! La circulation sanguine? Scandale! L’idée que les Américains aient une âme, l’égalité des droits entre nobles et roturiers, le vote des femmes? Scandale! Scandale! Scandale!

Scandales impossibles aujourd’hui. Sous-texte respect de chacun, force de tolérance envers les opinions et d'intolérance envers les arguments, force de «espaces sûrs» dans les universités, de soumission à la susceptibilité des fanatiques, de la déconstruction et de la post-vérité, la pensée se meurt. La liberté se meurt.

Le pays de Voltaire ne doit pas céder

Nos nouveaux inquisiteurs veulent le progrès contre le progrès, l'idéologie contre les idées, les droits de l'homme contre l'homme, le moralisme contre le moral, la concurrence victime plutôt que le souci de la dignité véritables victimes, la conformité aux doctrines plutôt que les faits, le légalisme vétilleux plutôt que la justice. Toqueville avait raison. Ce n’est pas un tyran qui nous enferme, c’est un mélange écœurant de dictature molle et de foules haineuses, de bons sentiments pontifiants et de lynchage ignare, d’autoritarisme prétentieux et de lâcheté face à l’obscurantisme.

Prenons garde. Quand j’étudiais l’anglais au collège, nous découvrions dans les livres de classe la notion de «politiquement correcte», sa censure, ses expressions alambiquées, ses procès absurdes. Rires dans la salle! Ils sont fous, ces Américains…. Nous, Français, n’aurons jamais ce genre de lubies ubuesques, nous étions tous. Hélas, un quart de siècle plus tard le constat est tragique.

Nous sommes le pays de Rabelais, de Molière, de Voltaire, de Camus et de Cabu. Redressons la tête! Visage à la censure, d’où qu’elle soit vienne, quelle soit elle soit, ne cédons rien!

. (tagsToTranslate) caricatures (t) Charlie Hebdo (t) liberté d'expression (t) New York Times (t) politiquement correct

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.