Percée médicale : Des chercheurs montréalais créent un capteur ADN ultra-rapide pour surveiller les médicaments
Montréal, Québec – Une équipe de chimistes de l’Université de Montréal (UdeM) vient de réaliser une avancée significative dans le domaine du diagnostic médical. Ils ont mis au point un capteur basé sur l’ADN capable de détecter de multiples molécules en seulement cinq minutes, ouvrant la voie à des tests médicaux rapides, peu coûteux et potentiellement réalisables à domicile.
Cette innovation repose sur un nouveau mécanisme de signalisation qui amplifie la détection de molécules cibles. selon le Dr François Vallée-Bélisle, l’un des principaux chercheurs, ce système permet de construire des appareils abordables capables d’identifier une large gamme de molécules, transformant potentiellement la façon dont les patients sont suivis et soignés. L’équipe a déjà validé son mécanisme en détectant quatre molécules distinctes dans le délai annoncé.
Pour démontrer le potentiel de cette technologie, les chercheurs ont réalisé une surveillance en temps réel d’un médicament antipaludique chez des souris. Actuellement, les tests pour suivre l’efficacité de tels traitements sont longs et nécessitent un équipement coûteux. Le nouveau capteur ADN, en revanche, produit un signal électrique suffisamment fort pour être mesuré avec des appareils simples et peu onéreux, similaires aux lecteurs de glycémie utilisés par les personnes diabétiques.
“Nous avons pu développer des capteurs pour plusieurs molécules sanguines, même à des concentrations extrêmement faibles, bien inférieures à celles du glucose”, explique Bal-Ram Adhikari, boursier postdoctoral à l’UdeM et co-auteur de l’étude.
Cette technologie représente un changement de paradigme dans la surveillance thérapeutique. Au lieu de se fier à des analyses de laboratoire complexes et coûteuses, les patients pourraient bientôt être en mesure de surveiller eux-mêmes l’efficacité de leurs traitements, optimisant ainsi leur thérapie et améliorant leur qualité de vie.
L’invention a déjà été brevetée et est sous license auprès d’Anasens, une entreprise montréalaise, pour accélérer son développement et sa commercialisation. Cette percée promet de révolutionner le diagnostic médical et de rendre les soins de santé plus accessibles et personnalisés.
Contexte et perspectives d’avenir :
la surveillance précise et rapide des médicaments est cruciale pour garantir leur efficacité et minimiser les effets secondaires. Les méthodes traditionnelles, souvent basées sur des analyses en laboratoire, peuvent être lentes, coûteuses et nécessitent une expertise spécialisée. Le développement de capteurs portables et peu coûteux, comme celui mis au point par l’équipe de l’UdeM, répond à un besoin croissant de solutions de diagnostic décentralisées et accessibles.
L’utilisation de l’ADN comme élément central de ces capteurs offre plusieurs avantages. L’ADN est une molécule hautement spécifique,capable de reconnaître et de se lier à des cibles spécifiques avec une grande précision. De plus, l’ADN est relativement stable et facile à manipuler, ce qui en fait un matériau idéal pour la fabrication de capteurs.
Cette technologie pourrait avoir des applications bien au-delà de la surveillance des médicaments. Elle pourrait être utilisée pour diagnostiquer des maladies infectieuses, détecter des biomarqueurs de cancer ou surveiller les niveaux de nutriments dans le corps. L’avenir de la surveillance médicale s’annonce donc plus rapide, plus précis et plus accessible grâce à cette innovation prometteuse.
