Un ETF promet une protection contre les krachs boursiers sans les coûts habituels : une analyse approfondie du CAOS d’Alpha Architect
New York – Dans un monde financier où la peur des krachs boursiers est omniprésente, les stratégies de couverture contre les risques extrêmes, ou « tail risk », sont de plus en plus prisées. Traditionnellement, ces protections ont un prix : des pertes régulières en période de calme, dues aux coûts liés aux options et autres instruments financiers utilisés. Mais un nouveau fonds négocié en bourse (ETF), le CAOS d’Alpha Architect (NYSE: CAOS), affirme pouvoir briser cette convention. Est-ce une promesse réaliste ou une illusion ?
L’idée d’une assurance financière qui ne coûte rien est toujours suspecte. Pourtant, le CAOS, initialement un fonds commun de placement (AVOLX) géré par Arin Risk Advisors avant sa transformation en ETF en mars 2023, a démontré une performance intrigante. Son historique, notamment pendant le krach de mars 2020 lié à la pandémie de COVID-19, révèle une capacité à limiter les pertes et à générer des gains lorsque les marchés chutent, tout en maintenant des rendements stables, voire positifs, en période normale.
Un équilibre complexe : la construction du CAOS
La clé du succès potentiel du CAOS réside dans sa construction sophistiquée, articulée autour de trois piliers : des options de vente protectrices, des « box spreads » et des « put spreads ».
Les options de vente (puts) constituent la première ligne de défense. Il s’agit d’options d’achat à un prix d’exercice bas, qui prennent de la valeur lorsque l’indice sous-jacent (principalement le S&P 500) chute. Ce mécanisme offre une protection contre les baisses brutales, avec un potentiel de gains exponentiel en cas de krach. Cependant, ces options perdent de la valeur avec le temps, un phénomène connu sous le nom de « theta decay ».
C’est là que les « box spreads » entrent en jeu. Ces stratégies complexes d’options, utilisées par les investisseurs institutionnels pour simuler des opérations de prêt ou d’emprunt, génèrent un revenu qui suit de près les taux d’intérêt des fonds fédéraux américains. Ce revenu contribue à compenser les pertes liées à la dépréciation des options de vente.
Enfin, les « put spreads » impliquent l’achat et la vente simultanées d’options de vente à différents prix d’exercice. Cette stratégie limite à la fois les gains et les pertes, mais permet de collecter des primes qui contribuent également à réduire le coût global de la couverture.
Des performances encourageantes, mais des compromis inévitables
Les résultats sont prometteurs. Sur les trois et un an précédents, le CAOS a affiché des rendements annualisés avant impôts supérieurs à ceux de nombreux autres fonds de couverture contre les risques extrêmes, qui ont souvent subi des pertes persistantes. Son ratio de frais de 0,63 % est également raisonnable pour un ETF géré activement et spécialisé.
Cependant, il n’existe pas de solution miracle. Pour réduire les coûts de la couverture, le CAOS sacrifie une partie de la protection offerte par les stratégies traditionnelles. En comparaison avec le Cambria Tail Risk ETF (TAIL), qui se concentre sur les obligations du Trésor et les options de vente, le CAOS offre une protection moins importante en cas de corrections boursières rapides et peu profondes.
“Le CAOS a été conçu pour résoudre le principal défaut des stratégies de couverture contre les risques extrêmes : le coût négatif persistant,” explique Michael Green, fondateur et chef de la stratégie d’investissement chez Simplify Asset Management, dans une vidéo YouTube récente analysant les stratégies de couverture contre les risques extrêmes. https://www.youtube.com/watch?v=W-wJq9q-q9Q “Mais cela implique un compromis : une protection moins importante en cas de chocs modérés.”
Un outil stratégique, pas un instrument de spéculation
Le CAOS n’est donc pas conçu pour les investisseurs qui cherchent à profiter des fluctuations à court terme du marché. Il s’agit plutôt d’un outil stratégique à long terme, destiné à être intégré de manière permanente dans un portefeuille diversifié.
Une analyse de backtesting menée sur une période de 2,94 ans (de mars 2023 à février 2026) confirme cette observation. Un portefeuille composé à 80 % d’actions S&P 500 et à 20 % de CAOS a généré un rendement cumulé de 17,96 %, contre 17,84 % pour un portefeuille similaire investi à 20 % dans des obligations d’ensemble. Plus important encore, le ratio de Sharpe (une mesure du rendement ajusté au risque) était légèrement supérieur pour le portefeuille CAOS (1,08 contre 1,05).
Un regard vers l’avenir : le CAOS face à l’incertitude économique
Dans un contexte économique mondial marqué par l’inflation persistante, les tensions géopolitiques et les risques de récession, la question de la protection contre les risques extrêmes est plus pertinente que jamais. Selon les données de la Banque Mondiale, la volatilité des marchés financiers a augmenté de 35 % au cours des 12 derniers mois.
Le CAOS, avec son approche innovante et sa capacité à générer des revenus, pourrait offrir une solution intéressante pour les investisseurs qui cherchent à se protéger contre les chocs boursiers sans sacrifier leurs rendements à long terme.
“Le CAOS est un ETF que j’apprécie sincèrement,” conclut l’analyste financier. “Il est bien conçu, géré par une équipe compétente et a déjà démontré sa capacité à fournir une protection en période de stress. Pour les investisseurs qui souhaitent une couverture contre les risques extrêmes sans subir de pertes constantes, le CAOS est l’une des options les plus convaincantes disponibles aujourd’hui.”
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