Canada et Chine renouent le dialogue commercial, mais les inquiétudes persistent
Pékin, Chine – Après des années de tensions commerciales, le Canada et la Chine ont annoncé un accord préliminaire visant à réduire les droits de douane punitifs sur les produits agricoles et maritimes canadiens, marquant une tentative de stabilisation des relations bilatérales. L’annonce, faite vendredi après une rencontre entre le Premier ministre canadien Mark Carney et le président chinois Xi Jinping à Pékin, a suscité un mélange de soulagement et de prudence au sein de l’industrie agricole canadienne.
L’escalade des tensions commerciales a débuté en 2024 lorsque le Canada a imposé des droits de douane de 100 % sur les véhicules électriques chinois, accusés de dumping sur le marché mondial. La Chine a répliqué en 2025 avec des droits de douane allant jusqu’à 100 % sur certains produits de canola, ainsi qu’une taxe de 25 % sur le porc et les produits de la mer canadiens.
L’accord annoncé vise à réduire ces barrières. Pékin s’engage à réduire les droits de douane sur les graines de canola à 15 % d’ici le 1er mars 2026, en échange de l’autorisation pour 49 000 véhicules électriques chinois d’être vendus au Canada avec un tarif réduit de 6,1 %. Ce nombre devrait atteindre environ 70 000 véhicules dans les cinq ans. Ottawa s’attend également à une réduction ou à une suppression des droits de douane sur le tourteau de canola, le homard, le crabe et les pois, au moins jusqu’à la fin de l’année.
Stephen Vandervalk, cultivateur de canola près de Fort McLeod, en Alberta, et vice-président de l’Association des producteurs de blé, a qualifié l’accord de « grand pas en avant », tout en exprimant une certaine déception. « Un tarif de 15 % sur le tourteau de canola signifie que nous pourrions encore avoir du mal à être compétitifs avec des pays comme l’Australie », a-t-il déclaré.
L’impact potentiel sur l’industrie automobile nord-américaine est également une source d’inquiétude. Vandervalk souligne que les États-Unis, principal partenaire commercial du Canada pour le canola, pourraient réagir négativement à l’accord, car les droits de douane sur les véhicules électriques chinois avaient été mis en place conjointement par Ottawa et Washington pour protéger l’industrie automobile locale.
Selon des données du gouvernement canadien, la Chine est le deuxième plus grand partenaire commercial du Canada, avec un échange commercial total de plus de 100 milliards de dollars canadiens en 2023. L’accord intervient à un moment où l’économie canadienne est confrontée à des défis, notamment une inflation persistante et un ralentissement de la croissance mondiale.
Le Conseil canadien du canola et l’Association des producteurs de canola ont salué l’accord comme une « étape importante » dans les relations commerciales entre le Canada et la Chine. Ils ont souligné la nécessité d’une solution politique à la question des droits de douane, et ont appelé à une suppression complète des barrières tarifaires, y compris pour l’huile de canola.
Le Premier ministre Scott Moe, de la Saskatchewan, qui accompagnait Carney lors de son voyage en Chine, s’est montré plus optimiste, qualifiant l’accord de « bonne nouvelle pour les Canadiens ». Il a estimé qu’il permettrait de débloquer des milliards de dollars de produits agricoles canadiens, notamment le canola, les légumineuses et les produits de la mer.
Cependant, l’opposition conservatrice a exprimé des réserves. Kyle Seeback, critique en matière de travail, a mis en garde contre la confiance excessive dans la Chine, soulignant son historique de partenaire commercial peu fiable. Il a également exprimé son inquiétude quant au fait que l’accord ne soit valable que jusqu’à la fin de 2026.
L’accord commercial entre le Canada et la Chine représente un pas important vers la désescalade des tensions et la restauration des liens économiques. Cependant, les inquiétudes persistantes concernant la compétitivité, l’impact sur l’industrie automobile et la fiabilité de la Chine soulignent la nécessité d’une approche prudente et d’un suivi attentif de la mise en œuvre de l’accord.
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