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Californie poursuit Trump pour coupes dans les fonds énergie verte

La Californie contre Washington : une bataille juridique pour l’avenir de l’énergie propre

Sacramento, Californie – La Californie a engagé mercredi sa 58e action en justice contre l’administration Trump, contestant la décision de couper plus de 8 milliards de dollars de financement alloués à des projets d’énergie propre, initialement approuvés sous l’administration Biden. L’offensive juridique, menée conjointement par les procureurs généraux de Californie, Washington et Colorado, dénonce une « rétribution partisane » qui menace des centaines de milliers d’emplois et freine la transition énergétique du pays.

L’épicentre du litige réside dans l’annulation par le Département de l’Énergie et le Bureau de la Gestion et du Budget de 2,7 milliards de dollars de financements issus de l’Inflation Reduction Act et de la loi sur les infrastructures bipartisanes. Une part significative de ces coupes affecte des États qui n’ont pas voté pour Donald Trump lors de l’élection présidentielle de 2024, alimentant les accusations de motivation politique.

Parmi les projets californiens particulièrement touchés figurent 1,2 milliard de dollars destinés au développement du hub hydrogène propre ARCHES (Alliance for Renewable Clean Hydrogen Energy Systems), un projet ambitieux visant à décarboner des secteurs clés comme le transport lourd et les opérations portuaires. 4 millions de dollars alloués à la modernisation énergétique des bâtiments californiens ont également été supprimés.

« Ces programmes ne sont pas facultatifs, ce sont des investissements approuvés par des majorités bipartisanes au Congrès », a déclaré le procureur général de Californie, Rob Bonta, lors d’une conférence de presse. « Le président n’a pas le droit de les annuler simplement parce qu’il n’est pas d’accord avec eux. La Californie ne permettra pas à M. Trump et à son administration de jouer avec notre économie, notre réseau énergétique et nos emplois. »

La plainte déposée devant le tribunal fédéral du district nord de Californie invoque une violation de la séparation des pouvoirs constitutionnelle et du Administrative Procedure Act, qui exige des procédures transparentes et équitables lors de la prise de décisions gouvernementales. Les plaignants demandent au tribunal de déclarer illégales les actions de l’administration et de les empêcher de perturber ces programmes.

L’administration Trump a justifié ces coupes en invoquant un « état d’urgence énergétique nationale » déclaré dès le premier jour de son mandat, et en annonçant la fin du « Green New Deal ». Le directeur du Bureau de la Gestion et du Budget, Russell Vought, avait même annoncé sur X (anciennement Twitter) la suppression de « près de 8 milliards de dollars de financement pour l’arnaque du Green New Deal » dans 16 États, tous ayant voté pour Biden en 2024. (Voir le post de Russell Vought : https://x.com/russvought/status/1973450301236715838).

Le Département de l’Énergie a justifié les coupes en affirmant que plus de 300 financements pour 223 projets ne « faisaient pas progresser adéquatement les besoins énergétiques de la nation », n’étaient pas « économiquement viables » et n’offraient pas un « retour sur investissement positif des dollars des contribuables ».

Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a dénoncé une menace pour la compétitivité mondiale des États-Unis dans le domaine des énergies propres, accusant l’administration Trump de céder du terrain à la Chine. Il estime que les programmes supprimés auraient permis d’économiser 3 milliards de dollars par an en coûts de santé liés à la pollution atmosphérique.

Selon Climate Power, plus de 165 000 emplois dans le secteur des énergies propres ont déjà été perdus ou retardés depuis l’élection de Trump. L’organisation estime que les projets annulés auraient pu alimenter l’équivalent de 13 millions de foyers.

Parallèlement, les factures d’électricité résidentielles ont augmenté de 12 % aux États-Unis en 2025, passant de 15,9 cents par kilowatt-heure en janvier à 17,8 cents fin novembre, selon les données de l’U.S. Energy Information Administration. (https://www.eia.gov/electricity/monthly/epm_table_grapher.php?t=table_5_03).

Cette bataille juridique s’inscrit dans un contexte plus large de tensions croissantes entre l’administration Trump et les États démocrates sur les questions environnementales et énergétiques. L’issue de ce litige pourrait avoir des conséquences majeures pour l’avenir de la transition énergétique aux États-Unis et pour la lutte contre le changement climatique.

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