À seulement 11 ans, Bodhana Sivanandan est devenue la plus jeune joueuse de l’histoire à obtenir le titre de grand-maître féminin. L’athlète d’origine indienne, qui représente l’Angleterre, a validé sa dernière norme lors de la 46e Olympiade d’échecs à Samarcande, en Ouzbécistan.
La prodige des échecs a marqué l’histoire de sa discipline en s’emparant d’un record de précocité détenu jusqu’alors par la grand-maître russe Kateryna Lagno, qui avait obtenu le titre à 12 ans, tout comme la Chinoise Hou Yifan. L’accomplissement de Bodhana Sivanandan a été officiellement confirmé par la Fédération internationale des échecs à l’issue de la compétition internationale en Ouzbécistan.
Un parcours marquant au premier échiquier de l’équipe anglaise
Engagée dans sa deuxième Olympiade d’échecs, la jeune Britannique a tenu un rôle crucial en occupant le premier échiquier de la sélection féminine anglaise. Elle a totalisé huit points en onze parties, signant six victoires et se classant parmi les meilleures performances individuelles du tournoi, ce qui a permis à l’Angleterre de terminer au 15e rang de la section féminine.

Loin de se reposer sur ses lauriers après cet exploit, la jeune joueuse a exprimé sa volonté de poursuivre son ascension sur la scène internationale, ainsi que l’organisme mondial des échecs l’a relayé à l’issue de l’événement.
“Je suis heureuse de le faire, mais je veux continuer et continuer à faire l’histoire aussi, au lieu de m’arrêter là.”
Bodhana Sivanandan, via la Fédération internationale des échecs (FIDE)
Interrogée sur la pression inhérente à ce poste d’honneur, elle a confié avoir abordé l’échéance avec sérénité, cherchant avant tout à apprécier chaque partie. Sa performance en terre ouzbèke lui a également permis de décrocher une deuxième norme de maître international, se rapprochant ainsi d’un titre mixte de plus haut rang.
Une ascension fulgurante depuis la période du confinement
Rien ne prédestinait la Londonienne à une telle trajectoire. Ses débuts dans la discipline remontent à la période de confinement liée à la pandémie de Covid-19. Âgée de cinq ans, elle découvre un échiquier au milieu de jouets et de livres offerts par un ami de son père, un informaticien installé dans la capitale britannique depuis 2007 et originaire de Trichy, dans le Tamil Nadu.
L’apprentissage s’est d’abord fait aux côtés d’un père connaissant les rudiments du jeu, avant de se muer en une suite fulgurante de succès compétitifs. En 2022, elle s’adjuge trois médailles d’or au championnat scolaire européen avec un parcours immaculé de vingt-quatre victoires en autant de rencontres. L’année suivante, la jeune prodige franchit la barre des 2 000 points au classement Elo.
La cadence des records s’est ensuite accélérée au fil des compétitions majeures :
- En 2024, elle devient la plus jeune personne de l’histoire à représenter l’Angleterre dans un tournoi sportif international lors de sa première participation aux Olympiades.
- En août 2025, elle entre dans l’histoire en battant le grand-maître Peter Wells lors du championnat britannique à Liverpool, devenant à 10 ans, 5 mois et 3 jours la plus jeune joueuse à battre un grand-maître, ravissant le record à l’Américaine Carissa Yip.
- Le mois précédent, la collégienne de Harrow a décroché le titre de championne d’échecs féminine de Grande-Bretagne à Coventry, tout en s’illustrant dans les formats rapides et de blitz.
Entre ambitions sportives et exigences de la scolarité
Derrière les échiquiers et les podiums, la jeune championne mène une vie d’élève assidue dans le nord-ouest de Londres. Elle parvient à concilier ses déplacements internationaux avec son cursus scolaire à temps plein, soulignant que les voyages et la pratique des échecs constituent un atout précieux pour plusieurs matières enseignées en classe.
Son parcours exceptionnel l’avait déjà conduit à 10 Downing Street en août 2023, invitée par le Premier ministre d’alors Rishi Sunak à l’occasion de l’annonce d’un programme de financement pour la discipline au Royaume-Uni. Aujourd’hui, avec en poche ce nouveau titre de grand-maître féminin acquis à vie et une nouvelle norme de maître international, Bodhana Sivanandan poursuit sa route avec la ferme intention d’inscrire de nouvelles lignes au palmarès de sa jeune carrière.
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