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Bluesky : l’ascension scientifique d’un nouveau réseau social

by Louis Girard - Tech

Fuite massive de scientifiques de Twitter vers Bluesky : une étude révèle les raisons

San Francisco, Californie – Une migration notable de scientifiques, de communicateurs scientifiques et d’éducateurs scientifiques de Twitter vers la plateforme émergente Bluesky est en cours, et une nouvelle étude menée par l’expert en médias sociaux et chercheur Ethan Shiffman et la spécialiste des sciences sociales Julia Wester, commence à dévoiler les raisons derrière ce mouvement.

Shiffman, initialement un fervent promoteur de Twitter, a observé une tendance croissante de départs vers Bluesky, motivé par des inquiétudes concernant l’évolution de la plateforme sous la direction de son nouveau propriétaire. Pour transformer ses observations anecdotiques en données concrètes, il s’est associé à Wester pour mener une enquête approfondie.

L’étude, ciblant spécifiquement les professionnels de la science, a examiné les attitudes et les expériences des utilisateurs avec Twitter et Bluesky. Les questions portaient sur le moment de leur inscription, leur nombre d’abonnés et de publications, les usages professionnels de chaque plateforme, et leur perception de l’utilité de chacune par rapport à 2021.

Les premiers résultats suggèrent que la migration n’est pas aléatoire. Les scientifiques ne se contentent pas de quitter Twitter, ils sont activement attirés par Bluesky, à la recherche d’un environnement plus propice à la dialog scientifique et à la collaboration.

“En tant que spécialiste des sciences sociales, lorsque nous entendons des preuves anecdotiques sur les expériences des gens, je veux savoir à quoi cela ressemble à travers la population,” explique Wester.”Nous cherchons à comprendre les dynamiques de cette migration : pourquoi les gens choisissent de rester, de partir, ou d’utiliser les deux plateformes.”

Bien que les chercheurs reconnaissent que leur échantillon est limité à une démographie spécifique, ils estiment qu’il est représentatif du phénomène de migration lui-même. L’étude vise à identifier les facteurs de “poussée” qui incitent les scientifiques à quitter Twitter, et les facteurs d'”attraction” qui les attirent vers Bluesky.

Un contexte plus large : l’évolution des réseaux sociaux et la communauté scientifique

Ce mouvement s’inscrit dans un contexte plus large de remise en question de la domination des réseaux sociaux traditionnels. Twitter, autrefois considéré comme un outil essentiel pour la diffusion rapide d’informations scientifiques et le débat public, a vu sa crédibilité et son utilité diminuer aux yeux de nombreux scientifiques en raison de changements de politique, de la prolifération de désinformation et de la modération du contenu.

L’émergence de plateformes alternatives comme Bluesky offre une opportunité de repenser la manière dont la science est communiquée et partagée en ligne. Bluesky, avec son protocole décentralisé, promet un plus grand contrôle aux utilisateurs sur leurs données et leur expérience, ainsi qu’une meilleure modération du contenu.

Cette migration pourrait avoir des conséquences importantes pour l’avenir de la communication scientifique. Si Bluesky parvient à attirer et à retenir une communauté scientifique active, elle pourrait devenir un hub important pour la diffusion de la recherche, le débat scientifique et l’engagement du public.

L’étude de Shiffman et Wester est en cours et les résultats complets seront publiés prochainement. Elle promet de fournir des informations précieuses sur les défis et les opportunités de la communication scientifique à l’ère des réseaux sociaux.

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