Philippines : Le gouvernement ignore les appels à la libération de Duterte, l’ancien président face à la CPI
Manille, Philippines – Le gouvernement philippin a clairement indiqué qu’il ne tiendrait pas compte des demandes de son conseiller juridique concernant le retour de l’ancien président Rodrigo Duterte aux Philippines. Cette position ferme intervient alors que l’avocat de Duterte, Nicholas Kaufman, plaide pour une libération provisoire de son client, actuellement détenu dans le cadre d’une enquête de la Cour Pénale Internationale (CPI) pour des crimes contre l’humanité.
Le Secrétaire juridique du cabinet de Marcos, Henry Bersamin, a minimisé l’importance des déclarations de Kaufman, se demandant publiquement “Qui est Kaufman ?” et affirmant que le gouvernement ne se soucie pas de ses commentaires.bersamin, ancien juge en chef de la Cour suprême, a souligné que les préoccupations de la défense de Duterte relèvent de leur seul ressort et ne nécessitent pas de réaction officielle.
Kaufman a justifié sa demande en invoquant la détérioration de l’état de santé de Duterte, âgée de 80 ans, qui affecterait sa capacité à participer pleinement à sa défense.Il a également souligné l’importance pour l’ancien président de pouvoir “rentrer chez lui, avec dignité”, dans l’attente d’une éventuelle libération provisoire.
Duterte est en garde à vue depuis mars et avait déjà sollicité une libération provisoire en août, acceptant de se soumettre à toutes les conditions jugées appropriées par la CPI.
L’audience de confirmation des accusations initialement prévue le 23 septembre a été reportée après que le camp de Duterte a déclaré qu’il n’était “pas apte à être jugé”.
Contexte : L’enquête de la CPI et l’héritage controversé de Duterte
L’enquête de la CPI porte sur les crimes présumés commis dans le cadre de la “guerre contre la drogue” menée par Duterte pendant son mandat présidentiel (2016-2022). Cette campagne, bien que soutenue par une partie de la population philippine, a été largement critiquée par les organisations de défense des droits de l’homme pour ses violations des droits fondamentaux et les milliers de morts extrajudiciaires qu’elle a engendrées.
Le retrait des Philippines du Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI, en 2019, n’a pas empêché la Cour d’ouvrir une enquête, estimant avoir juridiction sur les crimes commis sur le territoire philippin pendant la période où le pays était partie au Statut.
L’issue de cette affaire aura des implications majeures pour l’ancien président Duterte et pour l’avenir de la justice internationale aux Philippines. Le refus du gouvernement philippin de se prononcer sur le retour de Duterte soulève des questions sur son engagement envers un procès équitable et le respect des procédures de la CPI.
