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Becerra dénonce un débat truqué pour la course au poste de gouverneur de Californie

Xavier Becerra dénonce un « trucage électoral » dans la course au poste de gouverneur de Californie

Los Angeles, Californie – L’ancien secrétaire américain à la Santé et aux Services sociaux, Xavier Becerra, a violemment critiqué l’Université de Californie du Sud (USC) et la chaîne de télévision ABC7, l’accusant d’avoir orchestré un « trucage électoral » en excluant tous les candidats de couleur d’un débat télévisé prévu le 24 mars. Cette controverse intervient à moins de trois mois de la primaire de juin, dans une course au poste de gouverneur particulièrement disputée.

Becerra, l’un des principaux candidats démocrates, a dénoncé une décision « injuste » qui « sent le trucage électoral ». Dans une lettre ouverte au président de l’USC, Beong-Soo Kim, il a fait un parallèle troublant avec les panneaux discriminatoires du passé, affirmant que l’action de l’université, bien que moins explicite, avait pour effet de « filtrer sélectivement la vision des électeurs » sur les candidats.

L’USC a défendu sa position en expliquant qu’elle avait mandaté un expert en sciences politiques, le professeur Christian Grose, pour établir les critères de sélection. Selon l’université, l’administration n’a eu aucun rôle dans l’élaboration de ces critères. Le Center for the Political Future de l’USC a ensuite précisé que les critères n’avaient pas changé depuis la planification initiale du débat.

Ces critères, basés sur les sondages d’opinion et les levées de fonds de campagne, ont permis de sélectionner six candidats : les républicains Chad Bianco et Steve Hilton, et les démocrates Eric Swalwell, Katie Porter, Tom Steyer et Matt Mahan.

Cependant, des incohérences sont apparues concernant la prise en compte des fonds de campagne. La méthodologie initiale mentionnait les rapports semestriels déposés auprès du Secrétaire d’État de Californie, mais une version ultérieure incluait également les dons importants signalés immédiatement. Cette nuance est cruciale, car Matt Mahan, entré tardivement dans la course en janvier, n’a pas encore eu à déposer de rapports semestriels, mais a reçu des dons significatifs depuis.

Mahan lui-même a exprimé son accord avec Becerra, estimant qu’il méritait de participer aux forums publics. « Son long parcours de service à la Californie lui a valu une place sur toutes les scènes de débat de cette campagne pour le poste de gouverneur », a-t-il déclaré.

L’USC a admis qu’elle clarifiait la manière dont les candidats avaient été sélectionnés, réaffirmant que les critères incluaient les montants de financement actuels, y compris les rapports semestriels et les déclarations tardives. Le professeur Grose a minimisé la confusion, la qualifiant de simple « problème de formulation ».

Cette affaire survient dans un contexte de tensions au sein du Parti démocrate californien, où des candidats de couleur ont accusé les dirigeants de l’État de tenter de les écarter au profit de candidats blancs bénéficiant d’un meilleur soutien dans les sondages. D’autres candidats démocrates, tels que Betty Yee, Tony Thurmond et Antonio Villaraigosa, ont également condamné la formule de sélection.

Villaraigosa, qui a enseigné la politique publique à l’USC après avoir quitté ses fonctions de maire de Los Angeles, a qualifié l’action de l’université de « biaisée et raciste », dénonçant une manipulation des données pour exclure tous les candidats noirs, latinos et asiatiques-américains au profit d’un candidat blanc moins qualifié.

Becerra a souligné que l’USC avait déployé des efforts considérables pour justifier les exclusions, mais que le biais était évident. Il a notamment pointé du doigt le rôle de Mike Murphy, un stratège républicain chevronné et co-directeur du Center for the Political Future de l’USC, qui soutient un comité de dépenses indépendant en faveur de Mahan. Murphy a affirmé s’être retiré de toute implication dans le débat et a déclaré qu’il envisage de prendre un congé non rémunéré de l’université jusqu’à la primaire de juin s’il devenait un conseiller rémunéré du comité de dépenses.

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