Bastion, le Sentinelle animé : une histoire de presque-débuts et de résurrection dans l’univers X-Men
Par Antoine Dubois, Rédacteur en Chef, Section Divertissement, nouvelles-du-monde.com
Les fans de X-Men ont pu découvrir un nouveau visage du mal dans la série événement X-Men ’97, le revival tant attendu du dessin animé culte des années 90. Mais saviez-vous que le puissant antagoniste Bastion, leader de l’Opération Zéro Tolérance, aurait pu faire ses débuts animés plus d’une décennie plus tôt ? Une plongée dans les archives de Marvel révèle un projet avorté qui aurait pu radicalement changer le paysage de l’animation X-Men.
Bastion, un hybride humanoïde-Sentinelle doté de capacités technopathiques, incarne la paranoïa anti-mutante poussée à son paroxysme. Dans X-Men ’97, il est présenté comme le catalyseur de la tragédie de Genosha, un génocide qui résonne avec les thèmes de l’intolérance et de la haine qui ont toujours été au cœur de la mythologie X-Men. L’adaptation de l’arc narratif “Operation: Zero Tolerance” pour la série a été saluée pour sa fidélité à l’esprit des comics de Chris Claremont, tout en apportant une nouvelle profondeur au personnage de Bastion.
Pourtant, l’histoire de Bastion aurait pu prendre une tournure différente. Des concept arts récemment redécouverts sur Facebook révèlent que le personnage était initialement prévu pour apparaître dans la série Wolverine and the X-Men diffusée en 2009. Cette série, bien que prometteuse, a été brutalement annulée après une seule saison, laissant les fans sur un cliffhanger frustrant et de nombreux arcs narratifs inachevés.
Selon des informations provenant de sources proches de la production, la saison 2 de Wolverine and the X-Men aurait été centrée sur l’adaptation de l’arc “Age of Apocalypse”, mais Bastion et “Operation: Zero Tolerance” auraient également joué un rôle crucial. Les scénaristes, dont Christopher Yost et Joshua Fine – qui ont par la suite travaillé sur Avengers: Earth’s Mightiest Heroes – avaient déjà écrit huit scripts pour cette saison perdue.
L’annulation de Wolverine and the X-Men est souvent citée comme un exemple de mauvaise gestion des licences Marvel par les studios de l’époque. La série, malgré son style visuel unique et son approche sombre et mature, n’a jamais eu la chance de développer pleinement son potentiel. L’échec de cette série a laissé un vide dans l’animation X-Men, un vide que X-Men ’97 s’efforce désormais de combler.
Mais pourquoi Bastion était-il un choix pertinent pour Wolverine and the X-Men ? L’explication réside dans l’histoire complexe du personnage. Créé dans les années 90, Bastion est né d’une retcon de l’arc narratif “Days of Future Past”, impliquant une version améliorée du Sentinelle Maître Moule. Son origine, bien que parfois confuse, le positionne comme une menace unique : un être à la fois machine et humain, animé par une haine implacable envers les mutants.
X-Men ’97 a intelligemment simplifié l’origine de Bastion, en le présentant comme le fils d’un homme infecté par une nanotechnologie issue de Nimrod, un autre Sentinelle futuriste. Cette nouvelle approche ajoute une dimension tragique au personnage, le transformant en une victime de la technologie qu’il cherche à contrôler.
L’impact de la série X-Men ’97 dépasse le simple divertissement. En revisitant des arcs narratifs classiques et en introduisant de nouveaux personnages complexes, la série contribue à maintenir l’intérêt du public pour l’univers X-Men, un univers qui aborde des thèmes universels tels que la discrimination, la peur de l’autre et la lutte pour l’égalité. Selon un rapport récent de Marvel Entertainment, les ventes de comics X-Men ont augmenté de 15% depuis la diffusion de la série, témoignant de son influence sur la culture populaire.
L’histoire de Bastion, de son presque-début dans Wolverine and the X-Men à sa résurrection dans X-Men ’97, est un rappel poignant de la nature imprévisible de la création artistique. Elle souligne également l’importance de préserver et de revisiter les œuvres du passé, afin de les rendre accessibles à de nouvelles générations de fans. Et, surtout, elle prouve que même les projets avortés peuvent laisser une empreinte durable sur l’univers Marvel.
À lire aussi
