Home ÉconomieBanque d’Angleterre : ralentissement du plan de vente d’obligations pour stabiliser les taux d’intérêt

Banque d’Angleterre : ralentissement du plan de vente d’obligations pour stabiliser les taux d’intérêt

Banque d’Angleterre sous pression pour ralentir la vente d’obligations et alléger les coûts d’emprunt du Royaume-uni

Londres, Royaume-Uni – La Banque d’Angleterre (BoE) est confrontée à des pressions croissantes pour ralentir son program de réduction quantitative (QT), une stratégie consistant à laisser expirer les obligations d’État sans les remplacer, dans un contexte de taux d’emprunt record pour le Royaume-Uni. Des experts estiment que cette mesure pourrait aider à stabiliser les rendements obligataires à long terme et à alléger la charge financière pesant sur le Trésor britannique.

Selon des sources proches de la boe, la politique monétaire actuelle exige une approche de QT passive, se limitant à ne pas renouveler les dettes arrivant à échéance. Cependant, l’impact des rendements obligataires à 30 ans sur la confiance dans l’économie britannique est de plus en plus scruté par les investisseurs, notamment étrangers.

La réduction du programme QT pourrait permettre au chancelier de l’Échiquier de réduire la pression sur les rendements obligataires à long terme, tout en réalisant des économies significatives pour le Trésor. La BoE a vendu ses obligations à perte, et un ralentissement du programme de vente pourrait atténuer ces pertes.

Andrew Sentance, ancien membre du Comité de politique monétaire (MPC) de la BoE, estime qu’une réduction du programme QT à environ 70 milliards de livres sterling serait raisonnable, compte tenu des attentes du marché. Il a toutefois mis en garde le chancelier contre toute tentative d’utiliser cette mesure pour faciliter sa propre situation financière, soulignant que la priorité de la BoE doit rester le contrôle de l’inflation.

L’IPPR,un groupe de réflexion influent,estime que l’arrêt des ventes d’actifs,à l’instar de la Réserve fédérale américaine et de la Banque centrale européenne,pourrait générer plus de 10 milliards de livres sterling par an pour le Trésor.

Contexte et implications à long terme :

La réduction quantitative, initialement mise en œuvre pour stimuler l’économie pendant la crise financière de 2008 et la pandémie de COVID-19, a pour objectif d’injecter des liquidités dans le système financier en achetant des obligations d’État. Le processus inverse, la QT, vise à resserrer la politique monétaire en réduisant la quantité de liquidités en circulation.

La QT passive, telle qu’elle est actuellement pratiquée par la BoE, est moins agressive que la QT active, qui impliquerait la vente directe d’obligations sur le marché. Cependant, même la QT passive peut avoir un impact significatif sur les rendements obligataires et les coûts d’emprunt.

La décision de la BoE de ralentir ou non son programme QT aura des implications importantes pour l’économie britannique. Un ralentissement pourrait aider à stabiliser les marchés financiers et à réduire les coûts d’emprunt pour les entreprises et les particuliers. Cependant, cela pourrait également être perçu comme un signal de faiblesse de la part de la BoE et pourrait entraîner une hausse de l’inflation.

Par ailleurs, des appels se font entendre pour que la BoE reconsidère la rémunération des réserves bancaires commerciales, certains économistes suggérant de baisser les taux d’intérêt versés sur ces réserves. L’IPPR a également plaidé pour une augmentation des impôts sur les grandes banques, profitant des bénéfices générés par leurs réserves garées à la BoE. Ces propositions visent à redistribuer une partie des gains financiers vers le secteur public et à soutenir la reprise économique.

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