Banque d’Angleterre ralentit la vente d’obligations, alerte sur la volatilité des marchés
Londres, Royaume-Uni – La Banque d’Angleterre (BoE) a annoncé aujourd’hui une réduction de son programme de réduction quantitative (QT), abaissant son objectif annuel de vente d’obligations de 100 milliards de livres sterling à 70 milliards. Cette décision intervient dans un contexte de volatilité accrue sur les marchés obligataires mondiaux et de préoccupations concernant l’impact de la vente d’obligations sur les conditions du marché.
Bien que l’objectif global de réduction du bilan de la BoE soit diminué, le rythme des ventes d’obligations augmentera en réalité à court terme, atteignant environ 21 milliards de livres sterling au cours des 12 prochains mois, contre 13 milliards l’année précédente. Ce paradoxe est dû à une diminution du nombre d’obligations arrivant à échéance dans le portefeuille de la banque.
La BoE a souligné que la récente instabilité sur les marchés obligataires, à l’échelle mondiale, pourrait amplifier l’impact de la QT sur le fonctionnement du marché britannique. La banque s’engage à minimiser ces perturbations et à aligner ses opérations avec ses objectifs de politique monétaire.
La décision a été saluée par Rachel Reeves, chancelière de l’ombre, qui a insisté sur la nécessité d’une coordination étroite avec l’Office de gestion de la dette (debt Management Office – DMO), responsable de l’émission de la dette publique.L’objectif est d’éviter que les ventes d’obligations de la BoE n’interfèrent avec la stratégie d’émission globale du gouvernement.
Contexte et implications à long terme :
La réduction quantitative est un outil de politique monétaire utilisé par les banques centrales pour réduire la liquidité dans l’économie et,potentiellement,maîtriser l’inflation. En vendant des obligations, la BoE retire de l’argent de la circulation, ce qui peut exercer une pression à la hausse sur les taux d’intérêt.
La décision de la BoE intervient à un moment critique pour les finances publiques britanniques. Le Bureau de la responsabilité budgétaire (OBR) a averti que la hausse des coûts d’intérêt sur la dette publique pourrait compromettre la capacité du gouvernement à respecter ses règles budgétaires, notamment à l’approche du budget du 26 novembre.
Parallèlement, la demande pour les obligations d’État à long terme a été affaiblie par la baisse des régimes de retraite à prestations définies, ce qui a incité la BoE à réorienter ses ventes vers des obligations à court terme.
Cette évolution souligne la complexité croissante de la gestion de la dette publique et de la politique monétaire dans un environnement économique mondial incertain. La BoE devra naviguer avec prudence pour équilibrer ses objectifs de stabilité des prix et de soutien à la croissance économique, tout en tenant compte des contraintes budgétaires du gouvernement et de la volatilité des marchés.
