Colombie : L’accès à l’avortement, bien que dépénalisé, reste entravé par des obstacles majeurs
Bogota, colombie – Malgré une augmentation de 118% de l’accès aux avortements sûrs depuis la dépénalisation, selon les données de Profamilia, l’exercice de ce droit fondamental en Colombie se heurte à des barrières persistantes et significatives. L’accès reste conditionné par des exigences administratives complexes,notamment des autorisations et l’affiliation à un régime de santé,ainsi que par l’abus de l’objection de conscience de la part de certains professionnels de santé.
Les disparités géographiques sont particulièrement criantes. Si les grandes villes offrent un accès relativement aisé via le système de santé public et privé, les femmes vivant dans les zones rurales, les migrantes, les mineures et les membres des communautés autochtones sont confrontées à des obstacles considérables, allant des retards importants à un refus pur et simple du service. Un indice municipal de l’avortement révèle ces inégalités flagrantes.
Par ailleurs, la mise en œuvre de la dépénalisation, bien que progressant avec l’obligation pour davantage d’établissements de santé (IP/EP) de fournir le service, est entachée de préoccupations concernant la qualité des soins. Des rapports font état de services non conformes aux normes médicales actuelles, et de cas de violence obstétricale – un traitement irrespectueux et déshumanisant des patientes.
La bataille juridique pour le droit à l’avortement est loin d’être terminée. Les groupes anti-droits continuent de lancer des actions en justice et de présenter des projets de loi au Congrès et au Conseil de bogotá visant à restreindre l’accès à l’avortement, malgré leur inconstitutionnalité avérée. Ces initiatives créent un climat d’incertitude et remettent en question la conquête de ce droit.
Contexte et enjeux persistants :
La dépénalisation de l’avortement en Colombie, obtenue grâce à une décision historique de la Cour Constitutionnelle en 2022, a été une victoire majeure pour les droits des femmes. Cependant, la simple suppression des sanctions pénales ne garantit pas un accès effectif et équitable à l’avortement.
Les obstacles administratifs, l’objection de conscience abusive et les disparités géographiques sont des défis communs à de nombreux pays où l’avortement est légal.La violence obstétricale, quant à elle, souligne la nécessité d’une formation adéquate du personnel médical et d’une culture de respect des droits des patientes.
La lutte pour un avortement légal, sûr et libre en Colombie doit donc se poursuivre, avec pour objectifs :
* L’abrogation complète des dispositions pénales relatives à l’avortement.
* La mise en œuvre effective et l’accès universel à l’avortement sur l’ensemble du territoire national, sans discrimination.
* L’éradication de la violence obstétricale.
* la garantie d’une prestation de services de qualité, conforme aux normes médicales et scientifiques actuelles.
Les organisations de défense des droits des femmes appellent à une mobilisation continue pour garantir que la dépénalisation de l’avortement se traduise par une réalité pour toutes les femmes en Colombie.
