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Australie : Le commissaire à la discrimination dénonce une “terre volée”

Australie : Le Commissaire à la lutte contre la discrimination remet en question la célébration de l’Australia Day, déclenchant une vive polémique

CANBERRA, Australie – Le Commissaire à la lutte contre la discrimination d’Australie, Giridharan Sivaraman, a suscité une controverse nationale en qualifiant l’Australie de « terre volée » et en exprimant son malaise face à la célébration de l’Australia Day le 26 janvier. Ses déclarations, faites lors d’un podcast de SBS, ont ravivé le débat sur la signification de cette date pour les populations autochtones et les nouveaux arrivants.

Sivaraman, d’origine indienne, a expliqué que le 26 janvier représente le début de la colonisation et le déplacement des Premières Nations de leurs terres ancestrales. Il a dénoncé une « sous-jacente vague de nationalisme » qui, selon lui, force les individus à « embrasser le drapeau ou à partir ». « Nous sommes tous sur une terre volée et nous avons besoin d’une vérité sur l’histoire de cette terre », a-t-il affirmé. Il a également souligné que les institutions australiennes étaient construites pour privilégier le colonialisme et la « blancheur », dissimulant ainsi le fait que le territoire n’était pas désert avant l’arrivée des colons.

Ses propos ont été particulièrement durs envers l’utilisation de l’Australia Day par des groupes d’extrême droite. « Il est approprié pour le Commissaire à la lutte contre la discrimination de parler de la dépossession des Aborigènes et des Insulaires du Détroit de Torres de leurs terres… il est également approprié de parler du nationalisme, comme les suprémacistes blancs qui ont utilisé l’Australia Day comme une plateforme pour le racisme et la haine raciste », a-t-il déclaré.

La réaction politique n’a pas tardé. La procureure générale, Michelle Rowland, a défendu l’Australia Day comme une occasion de célébrer ce qui « unit la nation ». Andrew Wallace, porte-parole de l’opposition, a qualifié les propos de Sivaraman d’« outrageant » et l’a accusé d’être « mal informé ». James Macpherson, animateur de Sky News, a même appelé à son licenciement, estimant qu’il était payé « 400 000 dollars par an pour prêcher la division ». Macpherson a souligné l’ironie de la situation, rappelant que Sivaraman lui-même est un immigrant qui a choisi de faire de cette « terre volée » sa patrie.

Le débat intervient dans un contexte de tensions croissantes concernant la reconnaissance des droits des Premières Nations et la réconciliation. L’Australia Day est depuis longtemps une source de controverse, de nombreuses communautés autochtones le considérant comme un jour de deuil plutôt que de célébration. Des appels à changer la date de l’Australia Day se font entendre depuis des années, avec des propositions visant à choisir une date plus inclusive et respectueuse de l’histoire et de la culture autochtones.

Selon les données du Bureau Australien des Statistiques (ABS), en 2021, les populations autochtones représentaient 3,2 % de la population totale de l’Australie. Les inégalités socio-économiques entre les populations autochtones et non autochtones restent significatives, notamment en matière de santé, d’éducation et d’emploi.

Les déclarations de Sivaraman, bien que controversées, mettent en lumière la nécessité d’un dialogue national honnête et ouvert sur l’histoire coloniale de l’Australie et son impact sur les Premières Nations. Elles rappellent également l’importance de la diversité et de l’inclusion dans la construction d’une nation plus juste et équitable. La question de savoir si l’Australia Day sera maintenu à sa date actuelle ou si une nouvelle date sera choisie reste un enjeu majeur pour l’avenir de l’Australie.

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