Aspirine : une lueur d’espoir pour prévenir la récidive du cancer colorectal ?
Stockholm,Suède – Une étude révolutionnaire menée en Suède suggère qu’une faible dose d’aspirine pourrait réduire significativement le risque de récidive chez les patients atteints d’un cancer colorectal présentant une mutation spécifique. Les résultats, publiés dans le New England Journal of Medicine, ouvrent la voie à des traitements plus personnalisés contre le cancer.
L’étude a suivi pendant trois ans des patients ayant déjà été traités pour un cancer colorectal localisé présentant une altération du gène PI3K. Un groupe a reçu une faible dose d’aspirine (160 mg), tandis que l’autre a reçu un placebo. Les chercheurs ont constaté que les participants ayant pris de l’aspirine présentaient un risque de récidive 55% inférieur à celui du groupe placebo. Concrètement, le taux de récidive était de 7,7% chez les patients traités à l’aspirine, contre 14,1% à 16,8% dans le groupe témoin.
L’effet s’est avéré particulièrement marqué chez les femmes, bien que les raisons de cette différence ne soient pas encore entièrement comprises. Les chercheurs émettent l’hypothèse que l’aspirine pourrait agir en réduisant l’inflammation, un facteur clé dans le développement et la progression de certains cancers.
L’aspirine, un médicament aux multiples facettes
L’aspirine, initialement connue pour ses propriétés analgésiques et anti-inflammatoires, est depuis longtemps étudiée pour ses potentiels effets bénéfiques dans la prévention des maladies cardiovasculaires. Des recherches récentes suggèrent également un rôle possible dans la prévention de certains types de cancer, notamment le cancer colorectal.
Vers une médecine personnalisée
Cette étude souligne l’importance croissante de la médecine personnalisée,qui consiste à adapter les traitements aux caractéristiques génétiques spécifiques de chaque patient. Identifier les patients susceptibles de bénéficier d’un traitement à l’aspirine en fonction de leur profil génétique pourrait représenter une avancée significative dans la lutte contre le cancer colorectal.
Bien que prometteurs, ces résultats nécessitent des confirmations par des études plus larges et plus approfondies. Il est crucial de souligner que l’automédication à l’aspirine n’est pas recommandée et que toute décision thérapeutique doit être prise en concertation avec un professionnel de santé.
Référence :
Anna Martling, Ida Hed Myrberg, Nef Nilbrt, Henrik Grönberg, Fredrik Granath, Martin Eklund, Tom Öresland.Aspirine à faible dose pour le cancer colorectal localisé altéré par PI3K. The New England Journal of Medicine (2025). Doi: 10.1056/NEJMoa2504650
