Arabie Saoudite nie l’antisémitisme dans les critiques envers Israël, pointe du doigt Netanyahu
RIYAD, Arabie Saoudite – Les récentes critiques acerbes à l’égard d’Israël dans les médias saoudiens ne sont pas motivées par l’antisémitisme, mais visent spécifiquement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et les politiques de son gouvernement, a déclaré dimanche une source au sein de la famille royale saoudienne à la chaîne publique israélienne Kan. Cette affirmation intervient en réponse aux inquiétudes croissantes concernant une rhétorique de plus en plus virulente dans les médias saoudiens, jugée par certains comme véhiculant des tropes antisémites.
Le mois dernier, l’Anti-Defamation League (ADL) a publié une déclaration exprimant son « alarme » face à la multiplication de « sous-entendus antisémites » répétés par des personnalités médiatiques et des chefs religieux en Arabie Saoudite. L’ADL a souligné une rhétorique anti-Accords d’Abraham, souvent accompagnée de théories du complot sur des « complots sionistes ».
La source saoudienne, qui a requis l’anonymat, a rejeté ces accusations, affirmant que la couverture médiatique reflétait une opposition aux « mesures du gouvernement israélien » et non une hostilité envers le judaïsme ou le peuple israélien. « Il n’y a pas d’hostilité envers une religion ou un pays ici, mais envers ses politiques », a-t-elle précisé.
La source a également accusé Netanyahu de bloquer les efforts de normalisation des relations entre l’Arabie Saoudite et Israël. « C’est lui qui ne s’intéresse pas à la normalisation », a-t-elle affirmé.
L’Arabie Saoudite a toujours conditionné l’établissement de relations diplomatiques avec Israël à des avancées significatives vers la création d’un État palestinien viable, une condition que Netanyahu rejette fermement. La source a réitéré cette position, affirmant que le royaume souhaite la paix « à condition qu’Israël accepte de créer un État palestinien qui réponde aux critères minimaux ».
Malgré ces dénégations, des critiques soulignent que des membres du clergé saoudien ont tenu des propos ouvertement antisémites et que le journal saoudien Al-Jazirah a récemment accusé les Émirats arabes unis d’être « le principal instigateur de l’agression de l’entité sioniste contre la bande de Gaza ».
L’augmentation de la rhétorique anti-israélienne en Arabie Saoudite intervient à un moment délicat, alors que la région est confrontée à des tensions croissantes et que les efforts de médiation pour un cessez-le-feu à Gaza se poursuivent.
Netanyahu a déclaré la semaine dernière qu’il suivait de près la position de Riyad. « Nous attendons de quiconque souhaite une normalisation ou la paix avec nous qu’il ne participe pas aux efforts dirigés par des forces ou des idéologies qui veulent le contraire de la paix », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. Il a ajouté qu’il serait « heureux d’avoir un accord de normalisation avec l’Arabie Saoudite », à condition que « [le royaume] souhaite la normalisation et la paix avec un Israël sûr et fort ».
L’ancien chef du renseignement saoudien, le prince Turki bin Faisal, a déclaré en décembre dernier à The Times of Israel que le royaume n’envisageait même pas actuellement la normalisation des relations avec Israël et ne le ferait que si Jérusalem commençait à agir comme un « pays normal avec une acceptation normale du droit international ».
Cette situation complexe souligne les défis persistants dans la recherche d’une paix durable au Moyen-Orient et met en évidence les profondes divisions qui subsistent entre Israël et le monde arabe. L’évolution de la rhétorique saoudienne, et son impact potentiel sur les perspectives de normalisation, sera suivie de près par les acteurs régionaux et internationaux.
