Apple Music adopte des étiquettes de transparence pour la musique créée avec l’IA
CUPEERTINO, Californie – Apple Music s’engage à apporter plus de clarté à ses utilisateurs concernant l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la création musicale. La plateforme de streaming a annoncé le lancement de « Tags de transparence », un système de métadonnées permettant aux labels et aux distributeurs d’indiquer si l’IA a été utilisée dans la production de musique, de paroles, de clips vidéo ou d’œuvres d’art.
L’initiative, révélée à des partenaires de l’industrie, vise à établir des pratiques et des politiques claires concernant l’IA dans le secteur musical. Pour l’instant, l’ajout de ces étiquettes relève de l’initiative volontaire des labels et des distributeurs. Apple prévoit toutefois de rendre cette indication obligatoire lors du téléchargement de nouveaux contenus sur sa plateforme.
Selon Apple, ces tags représentent une « première étape concrète vers la transparence nécessaire pour que l’industrie établisse les meilleures pratiques et les politiques qui conviennent à tous ». L’entreprise souligne également qu’elle souhaite « maintenir un terrain de jeu équitable pour tous les créateurs et fournisseurs de contenu » face à l’évolution rapide du paysage musical.
Cette annonce intervient dans un contexte de débat croissant sur l’impact de l’IA sur l’industrie musicale. Une étude menée l’année dernière a révélé que 97 % des personnes interrogées étaient incapables de distinguer la musique créée par des humains de celle générée par l’IA. Des inquiétudes croissantes concernant la perte de revenus pour les professionnels de la musique, avec des estimations suggérant une diminution potentielle de 25 % des revenus au cours des quatre prochaines années, ont également alimenté la discussion.
Apple n’est pas la seule plateforme à s’intéresser à la question de la musique générée par l’IA. Deezer a déjà pris des mesures en démonétisant 85 % des morceaux créés par l’IA grâce à un outil de détection. Bandcamp a quant à lui interdit toute musique créée avec l’IA, tandis que Spotify a supprimé 75 millions de morceaux considérés comme du « spam » et a ciblé les usurpations d’identité.
Des artistes de renom tels que Paul McCartney, Kate Bush et Elton John ont également appelé à une protection accrue de leurs œuvres face à l’IA, et ont interpellé le gouvernement britannique sur la question.
Récemment, Google a annoncé que son assistant virtuel Gemini était désormais capable de créer de la musique générée par l’IA grâce à son modèle « Lyria 3 ». L’entreprise affirme que cet outil a été développé avec la contribution de producteurs et de musiciens, et qu’il permet aux utilisateurs d’« exprimer, explorer et expérimenter avec une musique de haute fidélité ».
L’émergence de groupes virtuels créés par l’IA, comme The Velvet Sundown, qui a accumulé plus de 400 000 auditeurs mensuels sur Spotify en un mois, et les cas de morceaux générés par l’IA interdits de participation aux classements musicaux en Suède, illustrent la complexité croissante de cette problématique.
Pour l’instant, il reste à déterminer quand les tags de transparence d’Apple Music seront pleinement mis en œuvre et quelles seront les conséquences pour ceux qui ne déclareront pas l’utilisation de l’IA.
