Anthropic dévoile son dossier d’introduction en bourse aux États-Unis

Anthropic a publié son dossier d’introduction en bourse aux États-Unis, révélant un chiffre d’affaires de 16,3 milliards de dollars pour le premier semestre 2026 et une perte nette colossale de 80,7 milliards de dollars, principalement liée à des ajustements comptables.

L’entreprise d’intelligence artificielle à l’origine du chatbot Claude a déposé un document d’enregistrement Form S-1 auprès de la Securities and Exchange Commission, ouvrant la voie à une cotation très attendue sur le marché Nasdaq Global Select sous le symbole boursier « ANT ». Ce projet de cotation, qui pourrait se concrétiser dès le mois prochain, s’annonce comme l’un des plus importants de l’histoire financière, avec une valorisation espérée par les investisseurs se situant entre 1,5 trillion et 2 trillions de dollars, selon les informations rapportées par Reuters.

Des pertes massives portées par la comptabilité et une croissance foudroyante

La dimension financière dévoilée dans le prospectus montre un contraste saisissant entre la vitesse d’expansion de l’activité et le coût pharaonique de son infrastructure. La perte nette de 80,7 milliards de dollars enregistrée au cours des six premiers mois de 2026 représente une aggravation spectaculaire par rapport aux 13 milliards de dollars perdus à la même période l’année précédente, d’après les détails communiqués par Fortune.

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Photo : BBC

Toutefois, la grande majorité de cette somme — soit environ 72,4 milliards de dollars — correspond à une charge comptable non monétaire découlant de la réévaluation de billets convertibles et d’instruments financiers qui se transformeront ultérieurement en actions. En parallèle, les revenus de l’entreprise ont atteint 16,3 milliards de dollars pour le même semestre, multipliant par plus de treize le chiffre d’affaires réalisé un an plus tôt.

Un syndicat bancaire de premier plan et une structure de gouvernance atypique

Le dossier déposé précise également l’architecture du capital, qui distingue des actions ordinaires de catégorie A dotées d’un droit de vote et des actions de catégorie N dépourvues de droits de vote, détenues principalement par une structure dédiée, baptisée Founder LLC, dont les membres initiaux sont les sept co-fondateurs : Dario Amodei, Daniela Amodei, Tom Brown, Jack Clark, Jared Kaplan, Sam McCandlish et Christopher Olah.

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Le document d’enregistrement indique que l’entreprise a mandaté un consortium d’institutions financières majeures, comprenant Goldman Sachs, Morgan Stanley, JPMorgan Securities et Citigroup, ainsi que RBC Capital Markets, UBS Securities, BMO Capital Markets et BNP Paribas.

Les risques liés à l’autonomie des modèles et à l’opposition aux centres de données

Au-delà des aspects purement comptables, le document officiel transmis aux régulateurs met en garde les futurs actionnaires contre les périls inhérents au secteur de l’intelligence artificielle avancée.

Financement initial, valorisations et contestation publique du projet

Fondée en 2021 par un groupe de chercheurs incluant Dario Amodei, Daniela Amodei, Tom Brown, Jack Clark, Jared Kaplan, Sam McCandlish et Christopher Olah, la société a bénéficié de plusieurs tours de table successifs.

Anthropic dévoile son dossier d'introduction en bourse aux États-Unis
Photo : The Times of India

Le parcours d’investissement s’est poursuivi avec des tours de table d’envergure, menés notamment par Lightspeed, qui a injecté un milliard de dollars lors de la série E au printemps 2025 pour une valorisation de 61,5 milliards de dollars, avant d’atteindre une valorisation de 965 milliards de dollars lors d’un tour de table en mai 2026. L’ancienne rémunération des dirigeants a également été mise en lumière, avec un salaire de base s’élevant à environ 655 000 dollars pour la présidente Daniela Amodei en 2025, complété par des attributions d’actions portant sa rémunération totale à environ 16,5 millions de dollars.

Alors que la cotation s’approche, l’opération suscite des critiques vives de la part d’organisations publiques et de syndicats aux États-Unis. Brad Levine, responsable des fonds de pension de la ville de New York, a ainsi écrit au directeur général le 14 octobre pour demander à l’entreprise de faire primer la sécurité et la gouvernance avant toute entrée en bourse, tandis que la coalition Stop Funding Billionaires, par la voix d’Elizabeth Parisian, met en garde contre les risques potentiels encourus par l’épargne retraite publique.

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Photo : Newcomer

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