Le Premier ministre Andy Burnham a déclaré qu’il existe de solides indications de l’implication de l’Iran dans un complot terroriste présumé près de la base aérienne de Fairford, alors que l’enquête se poursuit et que l’affaire suscite des réactions de Donald Trump.
Cinq ressortissants britanniques, tous âgés d’une vingtaine d’années, ont été interpellés ce week-end près du site militaire de RAF Fairford avant d’être remis en liberté sous caution dans le cadre d’une enquête pour infractions à la législation sur les explosifs et terrorisme. Les suspects sont un jeune de 24 ans domicilié à Camden, dans le nord de Londres, ainsi qu’un homme de 23 ans, deux autres de 24 ans et un de 25 ans originaires de Westminster, au centre de la capitale.
L’alerte a été déclenchée aux premières heures de dimanche lorsqu’une agricultrice a découvert trois camionnettes blanches bloquant une route adjacente à l’installation militaire. L’un des véhicules comportait des inscriptions publicitaires suspectes reproduisant de manière contrefaite l’identité d’une entreprise réelle, Fuel2U. Le numéro de téléphone affiché sur la carrosserie présentait en outre un espacement caractéristique des numéros en usage en Iran, et la couleur rouge choisie pour la signalétique de carburant différait des standards britanniques.

Les déclarations d’Andy Burnham et les réactions internationales
S’exprimant lors d’une série d’entretiens diffusés mercredi, le Premier ministre a livré des précisions sur l’orientation des investigations, soulignant la solidité du contrôle exercé par les services compétents. Un comité d’urgence Cobra a également été réuni à Liverpool durant la semaine.
Andy Burnham a déclaré : « Il existe de solides indications selon lesquelles l’Iran a joué un rôle dans ce qui s’est passé ce week-end à RAF Fairford, mais il s’agit toujours d’une enquête policière en cours, complexe et sérieuse. »
Le président américain Donald Trump a exprimé sa surprise et sa déception quant à la décision de libérer les suspects sous caution, affirmant qu’il ne leur aurait pas accordé ce régime de sortie. En réponse, M. Burnham a assuré que les autorités maintenaient le contrôle le plus strict et le plus étroit sur la situation, ajoutant qu’il n’hésiterait pas à rappeler le Parlement si les circonstances l’exigeaient.
Plus tôt mardi, le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait affirmé de son côté dans une interview télévisée que le complot impliquait clairement l’action d’un acteur étranger, tout en saluant la coopération étroite des autorités britanniques. Parallèlement, l’ambassade d’Iran à Londres a opposé un démenti formel à toute implication dans ces événements.

L’intervention de la police et l’examen des véhicules suspects
La base de RAF Fairford a été utilisée à plusieurs reprises au cours des derniers mois par des bombardiers américains après l’autorisation accordée par le gouvernement britannique de mener des frappes défensives contre Téhéran dans le contexte du conflit au Moyen-Orient. En juillet dernier, les Gardiens de la révolution iraniens avaient averti que toute base servant de rampe de lancement pour ces frappes constituerait une cible légitime.
Le chef de la police antiterroriste britannique, le commissaire adjoint Laurence Taylor, a indiqué qu’une réponse policière avait été déclenchée à l’aube de dimanche sur la base d’un ensemble d’informations parvenues aux services de sécurité. Les fouilles menées dans les résidences londoniennes des cinq suspects sont désormais achevées, et le dispositif de bouclage autour du site du Gloucestershire doit être totalement levé.

Laurence Taylor a affirmé : « Nous pouvons confirmer qu’aucun engin explosif improvisé n’a été trouvé. Nous avons trouvé une quantité d’accélérant, de l’essence, et nous l’avons récupérée dans le cadre de notre enquête. »
Les investigations techniques ont permis d’établir qu’aucun engin explosif artisanal ne se trouvait à bord des véhicules immobilisés, bien qu’une quantité d’accélérant, sous forme d’essence, ait été saisie. Un enregistrement vidéo capté par une caméra de surveillance résidentielle a par ailleurs documenté l’intervention d’un robot de déminage de la police provoquant une détonation contrôlée sur l’une des camionnettes. Les investigations se poursuivent alors que les cinq individus libérés demeurent astreints à des conditions de contrôle particulièrement strictes.
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