Le Premier ministre britannique Andy Burnham a annoncé le 29 septembre lors de la conférence du Parti travailliste à Liverpool que la « triple protection » des pensions de retraite sera modifiée à partir d’avril 2030, après la prochaine élection générale devant se tenir en 2029 au plus tard, avec des économies utilisées pour aider à financer un service national de soins.
La décision marque un tournant pour la politique sociale et budgétaire du Royaume-Uni. Le dirigeant travailliste a reconnu qu’il risquait de payer un prix politique
en s’attaquant à ce mécanisme de revalorisation, estimant toutefois qu’il fallait passer la barrière de douleur et arracher le pansement
, selon ses déclarations rapportées par la British Broadcasting Corporation. S’exprimant lors de sa première intervention à la conférence annuelle du parti à Liverpool en tant que dirigeant et Premier ministre, il a déclaré que son gouvernement honorerait la promesse du manifeste de maintenir le dispositif inchangé tout au long du parlement en cours.
Le maintien temporaire de la triple protection jusqu’en 2030
Instauré en 2010 par le gouvernement de coalition, ce dispositif visait à protéger le pouvoir d’achat des aînés face à la hausse du coût de la vie. L’Office for Budget Responsibility (OBR) indique qu’il coûtera environ 15,5 milliards de livres par an en 2029-2030, soit environ trois fois plus que prévu lors de son introduction en 2011.

Le gouvernement s’engage à respecter la promesse électorale du parti en maintenant le mécanisme tel quel pour toute la durée du parlement en cours. Le Premier ministre a précisé que cet engagement portera la pension d’État à un niveau record avant toute modification structurelle. Andy Burnham a également formulé la promesse que les retraités à faible revenu ne seraient pas entraînés à payer l’impôt sur le revenu pour le reste de ce parlement.
La réforme d’avril 2030 et le financement des soins de santé
À compter d’avril 2030, si le dirigeant remporte les prochaines élections, le calcul de la revalorisation sera ajusté.
Ces fonds serviront à couvrir les coûts d’un système de prise en charge inspiré du modèle du National Health Service.

Les réserves des économistes et la contestation syndicale et politique
La perspective de cette réforme suscite de vives réactions au sein de la classe politique et des organisations syndicales. Sharon Graham, secrétaire générale du syndicat Unite, a vivement critiqué l’orientation choisie lors d’une intervention sur les ondes de la BBC, qualifiant la mesure d’injuste pour les foyers les plus modestes.
« S’adresser à un groupe de personnes qui touchent environ 12 500 livres par an pour payer cela, leur ôter leur sécurité, c’est un tort. Je pense que ce’st moralement condamnable. »
Sharon Graham, secrétaire générale d’Unite, via Politics
De surcroît, des experts indépendants nuancent la portée financière immédiate du projet. Jonathan Cribb, directeur adjoint de l’Institute for Fiscal Studies, a indiqué que les économies générées au cours des premières années seraient relativement modestes et ne suffiraient pas à financer à elles seules l’intégralité d’un service de soins universel dès le prochain mandat parlementaire, tout en qualifiant le changement de « grande amélioration ».
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