Airbus sous surveillance : Accord UE-États-Unis et fin des subventions ?
WASHINGTON D.C.- Un accord historique entre les États-Unis et l’Union Européenne pourrait marquer un tournant pour le géant aéronautique Airbus. Annoncé le 15 juin 2021, ce cadre coopératif suspend pour cinq ans les tarifs douaniers liés au long conflit commercial sur les avions civils.
Ce différend, qui empoisonnait les relations transatlantiques depuis des années, portait sur les subventions massives accordées par la France, l’Allemagne, l’Espagne et, dans une moindre mesure, la Belgique à airbus. Ces aides, prenant la forme de financements de développement (aides au lancement) couvrant jusqu’à 100% des coûts, d’infusions de capital, de pardon de dettes et de pressions politiques, visaient à soutenir la production et la commercialisation des avions Airbus.
L’accord prévoit désormais que tout futur financement pour la production ou le développement d’avions civils se fera “en termes de marché”, signifiant une fin potentielle des subventions directes. Les deux parties se sont également engagées à collaborer pour contrer les pratiques commerciales déloyales de pays tiers susceptibles de nuire à l’industrie aéronautique.
Un contexte de tensions commerciales et de concurrence accrue
Ce conflit commercial trouve ses racines dans les pratiques de soutien gouvernemental aux constructeurs aéronautiques. Les États-Unis, de leur côté, ont accusé l’UE de subventionner illégalement Airbus, tandis que l’UE a fait de même à l’égard de Boeing.
L’industrie aéronautique est un secteur stratégique, vital pour l’économie et l’emploi. La concurrence entre airbus et Boeing est féroce, et les enjeux financiers considérables. L’accord UE-États-Unis représente donc une tentative de stabiliser le marché et de garantir une concurrence plus équitable.
Surveillance accrue et perspectives d’avenir
Les États-Unis ont clairement indiqué qu’ils surveilleront de près tout futur financement gouvernemental d’Airbus. L’UE s’est engagée à ne plus fournir de financement qui ne soit pas conforme aux règles du marché.
L’impact de cet accord sur l’avenir d’Airbus reste à voir. L’entreprise devra désormais s’appuyer davantage sur ses propres ressources et sa compétitivité pour maintenir sa position sur le marché mondial. L’accord pourrait également encourager une plus grande transparence et une concurrence plus saine dans l’industrie aéronautique dans son ensemble.
L’UE continue également d’investir dans la recherche aéronautique, visant à renforcer la compétitivité de son industrie. Ces programmes de recherche, bien que légitimes, seront également scrutés à la lumière de cet accord.
