KABUL, Afghanistan – L’escalade des tensions frontalières entre l’Afghanistan et le Pakistan a atteint un point critique, avec des accusations mutuelles d’attaques meurtrières et des allégations de ciblage d’infrastructures civiles. Lundi soir, l’Afghanistan a accusé le Pakistan d’avoir mené une frappe aérienne sur un hôpital de Kaboul, affirmant que l’attaque avait fait au moins 400 morts et 250 blessés.
Le gouvernement afghan, par la voix de son porte-parole adjoint Hamdullah Fitrat, a dénoncé un acte « contre toutes les principes acceptés et un crime contre l’humanité ». Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des équipes de secours fouillant les décombres et des flammes ravageant les lieux.
Le Pakistan a rejeté ces accusations, affirmant que ses frappes, également menées dans l’est de l’Afghanistan, n’avaient pas visé de sites civils. Selon un communiqué du ministère pakistanais de l’Information, les frappes ont « précisément ciblé des installations militaires et des infrastructures de soutien au terrorisme », y compris des dépôts d’équipements techniques et de munitions utilisés par les talibans afghans et des militants basés en Afghanistan qui mènent des attaques contre le Pakistan.
Cette nouvelle escalade intervient après des semaines de combats transfrontaliers, les plus violents depuis des années. Le Pakistan accuse l’Afghanistan de fournir un refuge aux groupes militants, notamment le Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), une organisation terroriste désignée par les États-Unis, ainsi que des groupes séparatistes baloutches. Kaboul nie ces accusations.
Le Conseil de sécurité des Nations unies a appelé l’Afghanistan à intensifier ses efforts pour lutter contre le terrorisme, sans toutefois nommer directement le Pakistan. La situation inquiète la communauté internationale, d’autant plus que la région reste un terrain fertile pour d’autres organisations militantes, telles qu’Al-Qaïda et l’État islamique.
Le conflit a également mis en lumière les tensions internes en Afghanistan. Des informations récentes, relayées par des médias, font état de jeunes filles se déguisant en garçons pour pouvoir continuer à aller à l’école, une conséquence directe des restrictions imposées par les talibans aux femmes et aux filles. (Voir : https://www.npr.org/2026/03/09/g-s1-112603/why-young-girls-are-disguised-as-boys-in-afghanistan).
Le président pakistanais Asif Ali Zardari a déclaré que l’utilisation de drones par les talibans afghans, qui ont blessé des civils pakistanais, avait franchi une « ligne rouge ». En réponse, l’armée de l’air pakistanaise a mené des frappes sur des sites de stockage d’équipements dans la province afghane de Kandahar.
La situation reste extrêmement volatile et les appels à un cessez-le-feu se heurtent à l’intransigeance des deux parties. L’avenir des relations entre l’Afghanistan et le Pakistan, et la stabilité de la région, sont en jeu.
