Un juge américain du Delaware a décidé le 27 octobre 2026 d’écarter la responsabilité personnelle de l’influente podcasteuse Candace Owens dans la plainte en diffamation déposée par Emmanuel et Brigitte Macron. La procédure se poursuit néanmoins contre les sociétés de la blogueuse, tandis que plane la menace d’une prescription selon le droit français.
La procédure judiciaire engagée aux États-Unis par le président français et son épouse contre l’influenceuse américaine vient de connaître un premier tournant stratégique. Dans une décision rendue le mardi 27 octobre 2026, le juge Sheldon Rennie de la Cour supérieure de l’État du Delaware a statué sur la compétence territoriale du tribunal concernant la polémiste.
La décision du tribunal du Delaware et le rejet des poursuites personnelles
Le magistrat a estimé que le tribunal ne disposait pas à ce stade de la compétence nécessaire pour juger directement la commentatrice conservatrice, qui réside dans le Tennessee. Face à la diffusion par cette ancienne collaboratrice de Donald Trump de multiples allégations erronées concernant Brigitte Macron, le couple présidentiel avait initialement engagé des poursuites à son encontre. Cette décision met un terme aux poursuites intentées contre elle à titre individuel devant cette juridiction.
En revanche, la procédure reste valide et se poursuit contre deux sociétés liées aux activités de la blogueuse et immatriculées dans le Delaware, à savoir Candace Owens LLC et Georgetom Inc. Les biens propres de l’influenceuse sont ainsi protégés d’éventuelles conséquences négatives en cas de victoire judiciaire finale du couple présidentiel.

Les origines de la plainte et la rumeur visée
Le couple présidentiel avait lancé cette action en diffamation à l’été 2025, en affirmant que la podcasteuse leur avait causé un tort considérable et irréparable
. Les poursuites font suite à la diffusion par l’influenceuse de contenus accusant Brigitte Macron d’être « née homme » sous l’identité de son frère aîné, Jean-Michel Trogneux. Les conseils du chef de l’État et de son épouse soutiennent dans leur dossier que Candace Owens a procédé en toute conscience, tout en écartant toute demande de mise au point dans l’unique intention de gagner en notoriété et faire de l’argent
.
Cette fausse information, qui circule sur les réseaux sociaux en France depuis la première élection présidentielle d’Emmanuel Macron en 2017, a pris une ampleur internationale lorsque la blogueuse s’en est emparée en mars 2024, propageant la théorie à travers une série de vidéos intitulée Becoming Brigitte
(Devenir Brigitte
) lancée en janvier 2025.
Les réactions des parties en présence
À l’annonce du jugement d’étape, la polémiste s’est exprimée publiquement pour faire part de sa position sur les réseaux sociaux et saluer l’issue de cette audience.
L’influenceuse a également affirmé se sentir « extrêmement reconnaissante » envers la justice du Delaware pour avoir examiné le dossier objectivement, tout en contestant l’objet exact des poursuites initiales et en rejetant la caractérisation publique de ses vidéos. Elle a ajouté qu’elle était poursuivie pour avoir abordé le sujet du MK Ultra et pour avoir prétendument accusé la Première dame de vol envers sa sœur.
L’obstacle juridique du délai de prescription français
Le juge Sheldon Rennie a soulevé une question procédurale déterminante pour la suite du dossier en estimant que, les plaignants étant de nationalité française, le délai de prescription applicable en droit français pourrait régir le litige. En France, le délai légal pour agir en diffamation est fixé à trois mois révolus à compter des faits reprochés, bien qu’il puisse être étendu à une année pour des propos à caractère raciste, sexiste, homophobe ou lié au handicap.
Le magistrat a demandé aux parties impliquées de lui présenter leurs arguments sur cette question précise de la prescription. Si la juridiction venait à retenir le délai de trois mois, l’action en justice menée par Emmanuel et Brigitte Macron pourrait être purement et simplement rejetée.
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