Justice américaine : la restructuration d’Ambipar centralisée au Brésil

La justice américaine a reconnu ce lundi la récupération judiciaire de la multinationale Ambipar au Brésil comme la procédure principale de restructuration du groupe, suspendant le Chapter 11 aux États-Unis et centralisant le dossier à Rio de Janeiro pour consolider sa dette transfrontalière.

Réunie à Houston, la Corte de Falências dos Estados Unidos para o Distrito Sul do Texas a accédé à la requête du groupe en validant la procédure brésilienne comme le centre névralgique de son sauvetage financier. Cette décision écarte, au moins provisoirement, le risque d’une balkanisation des procédures entre créanciers locaux et étrangers.

Justice américaine : la restructuration d'Ambipar centralisée au Brésil
Photo : Valor Econômico

La décision de la justice américaine et le rôle de la 3ª Vara Empresarial do Rio de Janeiro

Le tribunal américain a formellement qualifié la procédure menée par la 3ª Vara Empresarial da Comarca da Capital do Rio de Janeiro de foreign main proceeding, ou processus étranger principal, en vertu du Chapter 15 de la législation américaine. En fixant ainsi le centre des intérêts principaux du groupe au Brésil, la juridiction texane a reconnu le magistrat brésilien comme une court of competent jurisdiction.

Cette qualification juridique change radicalement la donne pour le groupe, dont le passif dépasse les 13 milliards de reais, selon les informations financières communiquées lors de la procédure. La décision a également entraîné la suspension immédiate du Chapter 11 ouvert par la filiale Ambipar Emergency Response en octobre 2025, tout en rejetant les contestations élevées par certains créanciers qui exigeaient une gestion indépendante de la crise sous les lois nord-américaines.

Ambipar
Photo : brasil247.com

L’impact de la transition du Chapter 11 vers le Chapter 15 sur le plan de sauvetage

Pour les dirigeants de l’entreprise, le basculement progressif du régime protecteur américain vers le cadre du Chapter 15 permet d’éviter la cohabitation conflictuelle de deux centres de décision concurrents.

Ce cadre unifié s’inscrit dans la droite ligne de l’accord de soutien à la restructuration divulgué en juillet dernier. Ce pacte a été conclu avec un groupe de créanciers détenant des obligations vertes, connues sous le nom de Green Notes, émises par un véhicule financier du groupe au Luxembourg.

Justice américaine : la restructuration d'Ambipar centralisée au Brésil
Photo : brazilstockguide.com

Le porte-parole du Grupo Ambipar a déclaré que… (Note: the original blockquote had no text, only a cite. The instruction says: “Replace a whole

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L’ensemble de ces dispositions doit trouver son épilogue juridique au sein du plan de redressement brésilien.

Les contestations des créanciers et les résistances des marchés face aux choix du contrôleur

Malgré cette victoire procédurale aux États-Unis, le chemin de la restructuration reste parsemé d’embûches. Des fonds et des institutions financières, à l’instar de la société Opportunity, ont vivement contesté la stratégie du groupe. La gestora a ainsi accusé le contrôleur Tércio Borlenghi Jr., dont la holding détient 48,18% des actions de la société cotée à la B3, d’usage abusif répété de sa position de contrôle pour servir ses intérêts personnels au détriment des autres investisseurs, selon les éléments rapportés par Uol.

Ces opposants espéraient utiliser la procédure américaine pour demander la subordination des crédits du contrôleur dans l’ordre de remboursement. Le juge texan a toutefois qualifié ces critiques de prematuras, rappelant que le plan définitif n’a pas encore reçu l’onction définitive des tribunaux brésiliens et que les opposants auront toute latitude pour contester les clauses proposées au moment de leur homologation finale aux États-Unis.

Les défis persistants devant la justice brésilienne et l’avenir des opérations

Sur le plan national, la situation judiciaire demeure sous haute tension.

La crise du groupe avait éclaté en septembre 2025 à la suite de la démission soudaine d’un directeur financier. Cette démission avait incité le Deutsche Bank à réclamer des garanties supplémentaires sur des contrats de swap de change, déclenchant une cascade de notifications pour rupture de contrat de la part d’autres établissements financiers et menant directement à la protection judiciaire déposée le 20 octobre 2025.

Malgré cette tourmente financière et les batailles juridiques menées en parallèle par les créanciers dissidents, la direction de la multinationale assure que ses activités opérationnelles se poursuivent sans interruption, dans l’attente du prononcé d’une décision définitive (Final Order) par la justice américaine qui viendra sceller l’extinction définitive du Chapter 11.

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