Le président de la république autoproclamée du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi, a entamé une visite diplomatique à Washington pour réclamer une coopération accrue en matière de sécurité et de commerce avec les États-Unis, capitalisant sur sa reconnaissance officielle par Israël intervenue en décembre 2025.
La diplomatie somalilandaise franchit une étape inédite à Washington. Depuis le 5 septembre 2026, le président de la république autoproclamée, Abdirahman Mohamed Abdullahi, surnommé « Irro », arpente les coulisses du pouvoir américain. S’il n’a pas été reçu à la Maison-Blanche ni au département d’État, ce déplacement constitue déjà une victoire diplomatique majeure pour ce territoire qui cherche à briser son isolement international depuis sa déclaration d’indépendance en 1991, comme le rapporte le journal Le Monde.
Coopération sécuritaire et partenariat stratégique en mer Rouge
Face aux attaques des rebelles houthis soutenus par l’Iran au Yémen voisin, le dirigeant somalilandais met en avant la position géographique de son territoire, situé sur la rive sud du golfe d’Aden et à proximité immédiate du détroit de Bab el-Mandeb.
Abdirahman Mohamed Abdullahi a ainsi indiqué que son gouvernement souhaite élargir sa coopération sécuritaire future avec les États-Unis et Israël, ce qui pourrait inclure des entraînements destinés aux forces locales. Des discussions avec le département de la Défense américain porteraient sur de possibles aides militaires.
Actuellement, ni Israël ni les États-Unis n’ont de présence militaire au Somaliland, mais nous voulons coopérer sur la sécurité à l’avenir.
Le chef de l’État a également souligné que des responsables de l’administration américaine avaient confirmé le souhait de voir ce partenariat se renforcer, notamment en matière de lutte contre le terrorisme, de sécurité maritime et de protection des navires. Israël, de son côté, est devenu en décembre dernier le premier pays à reconnaître officiellement la souveraineté du Somaliland.
Les enjeux économiques et le port de Berbera
Au-delà du volet militaire, les priorités immédiates du gouvernement somalilandais englobent le développement civil et les infrastructures. Le président a rappelé que sa priorité absolue reste l’eau, mentionnant l’aide apportée par Israël à une cinquantaine d’ingénieurs locaux et le lancement prochain de projets de dessalement de l’eau de mer à Berbera.
La ville portuaire de Berbera joue un rôle central dans cette stratégie d’ouverture. Dotée d’un port en eau profonde et d’une longue piste d’atterrissage, elle est présentée par les autorités locales comme un hub logistique incontournable. Toutefois, l’économie du territoire subit de plein fouet les répercussions des tensions régionales. Le trafic maritime et les revenus fiscaux s’en trouvent directement affectés.

En raison de la guerre, le nombre de conteneurs arrivant à Berbera a baissé de façon significative. Nous ne savons pas combien de temps nous pourrons gérer cette situation si cela continue.
Pour contrer cet isolement économique et politique, les soutiens du Somaliland à Washington font pression pour obtenir l’accès au système bancaire international SWIFT, ainsi qu’une modification des avis de voyage du département d’État américain, qui rattache encore administrativement le territoire à la Somalie. Mogadiscio, pour sa part, continue de rejeter fermement toute entente internationale conclue en contournant son autorité.
Perspectives diplomatiques et relations internationales
Durant son séjour américain, le dirigeant somalilandais a également rencontré des représentants de la communauté juive, incluant l’American Jewish Committee, dans le but d’encourager des investissements israéliens et américains. Dans une démarche remarquée, il a également évoqué la possibilité de renommer l’aéroport de Berbera en l’honneur du président américain Donald Trump, affichant ouvertement son soutien à l’administration de Washington.
Alors que des travaux d’aménagement se poursuivent autour des infrastructures aéroportuaires de Berbera — alimentant les spéculations sur un usage logistique futur par les Émirats arabes unis, Israël ou les États-Unis —, le Somaliland mise sur la gravité des crises en mer Rouge pour forcer l’ouverture diplomatique qu’il espère voir se concrétiser avant la fin de l’année.
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