Arménie : Moscou avertit Erevan des risques d’un abandon du gaz russe

L’Arménie a annoncé sa disposition à s’affranchir du gaz russe bon marché pour préserver sa souveraineté, provoquant une mise en garde immédiate de Moscou. Les autorités russes soulignent qu’un tel abandon pèserait plus lourdement sur Erevan que sur les pays européens, sur fond de tensions géopolitiques régionales persistantes.

Le tournant géopolitique et énergétique s’accélère dans le Caucase du Sud.

Les déclarations d’Alen Simonian sur la souveraineté énergétique et le tarif du gaz

Interrogé sur les répercussions d’un tel choix, le représentant arménien a écarté l’idée d’une soumission dictée par des considérations financières. Actuellement, Erevan bénéficie d’un tarif préférentiel de 177,5 dollars pour 1,000 mètres cubes. Cependant, Moscou a rappelé à plusieurs reprises qu’une sortie de l’Union économique eurasienne (UEE) conjuguée à un rapprochement avec l’Union européenne entraînerait la suppression immédiate de ce tarif de faveur, faisant grimper les coûts au prix du marché.

« La facture du gaz ne se mesure pas seulement en devises, mais aussi en tribut politique. Comme l’a souligné notre Premier ministre, nous ne dépendrons plus jamais d’un seul tuyau, d’une seule aiguille, d’un seul caprice et de l’unique bouton de pression, et nous ne permettrons pas que cela se produise ! » Alen Simonian, secrétaire du Conseil de sécurité de l’Arménie

Cette posture intervient alors que le pays cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement.

La riposte de Moscou et la comparaison avec l’Europe

Du côté russe, la réaction ne s’est pas fait attendre. Le secrétaire adjoint du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, Alexeï Chevtsov, a estimé qu’une telle rupture énergétique frapperait l’économie arménienne avec une acuité bien plus vive que ne l’ont subi l’Allemagne ou d’autres nations européennes face à leurs propres crises d’approvisionnement.

Arménie : Moscou avertit Erevan des risques d'un abandon du gaz russe
Photo : 1news.az

« Il ne fait aucun doute que pour l’Arménie, le renoncement au combustible bleu russe sera bien plus douloureux que pour l’Allemagne ou d’autres pays européens. » Alexeï Chevtsov, secrétaire adjoint du Conseil de sécurité de la Russie

Selon les services de sécurité russes, l’importation de gaz auprès d’autres fournisseurs internationaux exposerait immédiatement le budget arménien à des surcoûts majeurs, en raison de l’absence d’alternatives immédiates équivalentes aux conditions préférentielles actuelles. Les analyses concordent pour dire que la transition vers des marchés ouverts priverait instantanément l’économie locale d’une subvention indirecte évaluée à travers ce tarif préférentiel.

Le contexte géopolitique et les équilibres régionaux

Ce bras de fer énergétique s’inscrit dans un paysage diplomatique complexe. Malgré la signature récente d’accords de paix encadrés par des médiateurs internationaux, les tensions persistent concernant les frontières, la modification constitutionnelle exigée par Bakou et le statut des infrastructures stratégiques.

Arménie : Moscou avertit Erevan des risques d'un abandon du gaz russe
Photo : vesti.ru

Tandis que les autorités arméniennes affirment leur intention de développer leur indépendance et leur étatisme, l’avenir des relations économiques entre Erevan et Moscou reste suspendu à l’évolution des choix stratégiques du gouvernement arménien face aux pressions convergentes de ses voisins et partenaires.

Оверчук о будущем Армении без российского газа

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