Gilla Band explorent le deuil et la santé mentale sur Pugnello

Gilla Band a publié en septembre 2026 son quatrième album studio, Pugnello, marqué par une décharge de bruits industriels, de guitares saturées et de rythmiques électroniques. Porté par le chant habité de Dara Kiely, ce nouveau disque explore le deuil, la santé mentale et le souvenir à travers dix morceaux d’une intensité redoutable.

Pugnello album cover

Une agression cathartique au service d’une urgence sonore

Quatre ans après le disque Most Normal en 2022, le quatuor dublinois Gilla Band revient avec un projet qui bouscule les repères du rock alternatif. L’album s’ouvre sur un morceau intitulé The Angelus, où une simple note tenue en force de power chord s’étire pendant plus de deux minutes, soutenue par une batterie live composée exclusivement de caisses claires. Pour le groupe, la démarche reste fidèle à ses racines bruitistes tout en s’ouvrant à de nouvelles textures.

La critique musicale n’a pas tardé à souligner l’impact de la formation. Dans les colonnes de la presse spécialisée, certains observateurs qualifient les membres du groupe de musiciens ayant fondamentalement réinventé la musique de guitare. Le bassiste Daniel Fox résume l’approche de la formation par une formule percutante : Le truc, c’est d’être plus fort que tout le monde, un principe directeur qui irrigue l’ensemble de ce nouveau format.

Le deuil, la santé mentale et l’ombre d’un premier album

Derrière la violence de la production et l’utilisation de la boîte à rythmes Erica Synths Perkons, les textes de Dara Kiely révèlent une profonde vulnérabilité. Le chanteur a composé ces morceaux dans une période marquée par la disparition de son père en fin d’année 2022 et par l’annonce de son diagnostic de schizophrénie. Sur le morceau central Jacobsons, il exprime l’angoisse de la perte familiale à travers des éclats de voix déchirants.

Je devrais être plus trrrrriste !

Cette confrontation avec la douleur s’accompagne d’un flux de conscience parsemé de références à la culture populaire de la fin des années 1990 et du début des années 2000, allant des Power Rangers aux Teletubbies. Selon les confidences du chanteur recueillies par DIY Magazine, ces allusions fonctionnent comme un mécanisme de défense : Je pense que quand un événement important se produit, comme des funérailles, et que vous vous retrouvez en famille, vous revenez à ce que vous étiez quand vous étiez enfant.

Entre machines et guitares : l’architecture de Pugnello

Sur le plan instrumental, le groupe pousse plus loin l’intégration d’appareils électroniques sans pour autant basculer dans la musique de club conventionnelle. Des titres comme Computer Sadness ou Placeholder mélangent des rythmes robotiques et des vagues de larsen, tandis que le morceau de clôture At the Gallop utilise un vocodeur inspiré par l’album Trans de Neil Young pour simuler un dialogue imaginaire avec son père défunt.

Gilla Band explorent le deuil et la santé mentale sur Pugnello
Photo : Paste Magazine

Le titre de l’album lui-même renvoie à un univers singulier : il s’agit d’une référence à un roman policier écrit par l’oncle du chanteur, centré sur un ordinateur portable doté d’une police de caractères hantée. La pochette du disque, réalisée par Dara Kiely en repeignant de vieilles photographies de tournée, prolonge cette volonté de transfigurer le passé en matière brute.

Une tournée européenne programmée pour les prochains mois

Alors que le disque est distribué par Rough Trade Records et Wagram, la formation irlandaise poursuit son parcours scénique. Un concert est notamment programmé au Trabendo à Paris le 20 janvier 2027, l’occasion pour le public de découvrir sur scène ces compositions abrasives où la rigueur mécanique le dispute à l’urgence punk.

Gilla Band explorent le deuil et la santé mentale sur Pugnello
Photo : outofrage.net
Gilla Band – Most Normal ALBUM REVIEW

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