Traitements GLP-1 : des carences nutritionnelles chez près d’un enfant sur six

Près d’un enfant ou adolescent sur six sous traitements par agonistes des récepteurs du GLP-1 développe une carence nutritionnelle au cours de la première année de traitement, selon une étude publiée dans la revue Childhood Obesity. Ces médicaments, qui comprennent des molécules telles que le sémaglutide, le liraglutide et le dulaglutide, sont de plus en plus prescrits pour traiter l’obésité, le prédiabète et le diabète de type 2 chez les jeunes.

Une étude menée auprès de plus de 2 000 jeunes patients

Pour mener ces travaux, les chercheurs ont analysé des données de réclamations administratives aux États-Unis portant sur la période allant de 2017 à 2022, issues d’une base de données couvrant plus de 100 millions de patients selon les informations rapportées par ScienceDaily. L’analyse finale a porté sur 2 031 enfants et adolescents âgés de 10 à 17 ans qui avaient débuté un traitement par GLP-1 et ne présentaient aucun antécédent de carence nutritionnelle.

L’âge moyen des participants était de 15 ans, et 61,5 % étaient de sexe féminin. Concernant les pathologies initiales, près des deux tiers des patients présentaient une obésité, plus des deux tiers un diagnostic de diabète de type 2, une faible proportion souffrait de prédiabète, et plus d’un quart n’avait aucun diagnostic de diabète enregistré. Le liraglutide a été le médicament le plus fréquemment initié, représentant 78,6 % des prescriptions, suivi du dulaglutide (10,4 %) et du sémaglutide (9,1 %), d’après les précisions fournies par LabRoots.

La carence en vitamine D en tête des complications

Les résultats de l’étude montrent qu’au cours des 180 premiers jours suivant le début du traitement, 10,2 % des patients ont reçu un diagnostic d’au moins une carence nutritionnelle ou d’une complication connexe. Ce chiffre est passé à 16,8 % après une année complète, ainsi que le détaille International Business Times.

Traitements GLP-1 : des carences nutritionnelles chez près d'un enfant sur six
Photo: pharmaceutical-journal.com

Dans le détail, la carence en vitamine D s’est avérée être le problème le plus fréquemment identifié, touchant 12,4 % des enfants au bout d’un an. D’autres complications ont également été relevées, telles que l’anémie nutritionnelle et l’anémie ferriprive, ainsi que des pertes musculaires chez une faible proportion de patients.

Un manque de suivi nutritionnel précoce

Les chercheurs soulignent que l’adolescence constitue une période critique où le corps requiert un soutien nutritionnel substantiel pour la croissance osseuse, le développement physique et d’autres changements biologiques majeurs. Comme ces médicaments peuvent supprimer l’appétit et réduire la prise alimentaire, une attention particulière à la nutrition s’avère indispensable.

Nearly 1 in 6 Kids on GLP-1 Weight-Loss Drugs Developed
Photo: ibtimes.com.au

Pourtant, l’étude révèle que le recours à un accompagnement diététique reste limité : seulement 5,8 % des patients ont bénéficié d’une consultation nutritionnelle dans les 30 jours suivant le début du traitement, et moins d’un quart ont reçu des conseils nutritionnels dans les six mois.

Face à ces constats, les auteurs plaident pour une gestion proactive de la nutrition dès l’instauration du traitement par GLP-1, plutôt que d’attendre l’apparition avérée d’une carence.

Should children be on GLP-1 weight loss drugs? | Dr. Ralph DeFronzo

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