Un hacker informatique francophone a utilisé l’intelligence artificielle Claude, développée par Anthropic, pour mener une vaste campagne de cyberattaques visant des organisations politiques et médiatiques européennes. Selon un rapport de sécurité publié en septembre 2026 par l’entreprise américaine au moins 42 entités ont été visées au cours du printemps 2026.
Une vaste campagne de cyberattaques menée en Europe avec Claude
La campagne a touché plusieurs cibles françaises, dont au moins un parti politique. Bien que le document officiel ne divulgue pas les noms des organisations, les éléments techniques relevés permettent d’en identifier plusieurs. Les entités ciblées englobent des partis politiques européens, des médias, des think tanks ainsi que des prestataires techniques.
Le hacker est parvenu à s’introduire en interne au sein d’au moins 14 de ces structures. L’exfiltration de données s’est soldée par un volume estimé entre 12 et 26 gigaoctets. Les informations dérobées comprennent des détails concernant des donateurs et des membres de partis, des données issues d’un prestataire de paiement, une boîte de messagerie électronique contenant 15.000 messages et divers dossiers sensibles.
Le piratage des comptes d’OpenAI en moins de 72 heures
Dans un autre incident distinct survenu en juillet 2026, trois chercheurs de la société Hacktron AI haben exploité Claude pour compromettre les comptes ChatGPT et Codex de plusieurs employés d’OpenAI. L’opération complète, de la découverte initiale de la faille jusqu’à l’accès au dépôt de code interne, a duré moins de 72 heures en n’utilisant qu’un simple abonnement.
Mohan Pedhapati, directeur technique de Hacktron AI, a déclaré via Les Numériques qu’il ne pensait pas qu’ils étaient aussi forts que les acteurs de la menace chinois et qu’ils étaient juste trois gars avec des abonnements Claude et Codex.
L’attaque a débuté le 23 juillet 2026 avec l’identification d’une vulnérabilité dans le logiciel Discourse gérant le forum communautaire d’OpenAI. Un premier essai de rédaction de code d’exploitation via Claude Opus 4.8 s’est soldé par un échec. Le lendemain, à la suite du lancement de la version Opus 5 par Anthropic, le modèle révisé a généré un exploit fonctionnel en quelques heures.

Ce code a permis d’exécuter des instructions à distance sur le serveur, puis d’extraire des jetons d’authentification valides pour ChatGPT et des employés d’OpenAI. En accédant au dépôt logiciel Monorepo par le biais du compte Codex d’un salarié, les chercheurs ont pu atteindre les secrets algorithmiques de l’entreprise. Pour attester de leur intrusion sans compromettre la sécurité des données, ils ont envoyé une pull request inoffensive signée Hacktron AI Team PoC
.
À la suite de cet événement, OpenAI a versé une prime de 6 500 dollars aux chercheurs dans le cadre de son programme de bug bounty. De plus, Greg Brockman, président et cofondateur d’OpenAI, a indiqué que l’entreprise avait réaffecté 25 % de ses ingénieurs de production pour renforcer la défense de ses systèmes.
Des tentatives de développement d’armes biologiques et la riposte d’Anthropic
Outre les cyberattaques, le rapport d’Anthropic met en lumière des cas de mésusage liés à des recherches sur des armes biologiques. L’entreprise a identifié et bloqué plusieurs scientifiques qui exploitaient l’assistant pour des travaux controversés. Le document détaille cinq études de cas centrées sur ce risque, illustrant les mécanismes de sécurité internes qui ont permis d’intercepter ces requêtes.
Interrogé sur la complexité de ces détections, l’éditeur a souligné que les travaux légitimes sur les vaccins partagent des similarités techniques avec la conception d’agents pathogènes, incitant l’organisation à opter pour la prudence.
Vous ne voyez pas quelqu’un dire, comme dans une bande dessinée : Hé, je veux fabriquer une arme biologique pour tuer tout le monde. C’est une situation extrêmement nuancée. Jacob Klein, responsable du renseignement sur les menaces chez Anthropic, via Tom’s Hardware

Parmi les requêtes signalées en mai 2026 figure un projet de rédaction d’un dossier de subvention concernant des recherches à gain de fonction
sur le virus du chikungunya, émanant d’un institut de recherche militaire. D’autres cas impliquaient des travaux similaires sur la grippe aviaire, ainsi que l’élaboration d’un atlas de peptides de toxines de venin assorti d’un système génératif d’optimisation de toxines.
En réponse à ces dérives, Anthropic a suspendu les comptes des utilisateurs concernés et utilise ces retours pour renforcer les barrières de protection de ses modèles. L’entreprise a toutefois toutefois choisi de préserver l’anonymat des scientifiques impliqués afin de ne pas les exposer à des préjudices, précisant qu’il s’agissait de chercheurs en activité sans intention de nuire avérée.
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