Autriche : La Volksanwaltschaft Dénonce le Manque d’Enseignement en Prison

La Volksanwaltschaft pointe de graves lacunes dans l’accès à la scolarisation pour les jeunes détenus en Autriche, révélant qu’en 2026 plusieurs établissements pénitentiaires et centres thérapeutiques ne proposent ni enseignement ni soutien pédagogique adéquat, malgré l’obligation scolaire en vigueur jusqu’à l’âge de 18 ans.

Des lacunes scolaires confirmées dans plusieurs établissements pénitentiaires

L’accès à l’éducation et à la formation pour les mineurs incarcérés en Autriche soulève de vives inquiétudes. La Volksanwaltschaft, l’institution indépendante de contrôle des droits de l’homme et de l’administration, a mené un contrôle d’office pour évaluer la réalité des programmes scolaires en milieu carcéral, suite à une situation de surpopulation constatée à la prison pour jeunes de Münnichplatz à Vienne, qui est conçue pour des jeunes hommes âgés de 14 à 18 ans.

Les transferts de détenus vers d’autres structures, motivés par le manque de place, ont mis en lumière des disparités de prise en charge alarmantes, les possibilités d’enseignement et de formation y étant parfois « ernüchternd », selon les termes de la Volksanwältin Gabriela Schwarz (ÖVP), responsable du service des prisons, lors d’une déclaration à l’APA le vendredi. La Volksanwaltschaft a alerté le ministère de la Justice fin août concernant l’absence totale de personnel enseignant ou d’éducateurs spécialisés dans plusieurs maisons d’arrêt, notamment à Eisenstadt, Wiener Neustadt, Graz-Jakomini, Korneuburg, Feldkirch et Krems, alors que des jeunes hommes y sont régulièrement détenus.

Le cas spécifique des centres thérapeutiques et des structures pour mineurs

La situation des jeunes filles privées de liberté illustre les angles morts du système. Lors d’une journée de permanence organisée en mai dernier au Centre thérapeutique forensique (FTZ) d’Asten, les représentants de l’institution de contrôle ont constaté la présence de jeunes filles de moins de 15 ans ne bénéficiant « aucun enseignement scolaire ».

Un constat similaire a été dressé pour le site de Schwarzau au printemps 2026, où des jeunes filles se trouvaient incarcérées sans accès aux cours. Interrogé sur ces manquements, le ministère de la Justice a indiqué qu’une collaboration avec une enseignante externe sous contrat d’entreprise était en cours d’élaboration pour pallier un congé de longue durée au Standort Schwarzau, tout en précisant que des efforts étaient en cours pour organiser des enseignants pour la rentrée en ce qui concerne les jeunes filles incarcérées, l’institution attendant encore des retours à ce sujet.

La réponse du ministère de la Justice et l’évaluation de la Volksanwaltschaft

Face à ces constats, l’administration pénitentiaire soutient que l’accompagnement dispensé par des éducateurs spécialisés remplit également les exigences de l’obligation de formation pour les jeunes jusqu’à leur dix-huitième année. Néanmoins, le ministère a admis, indépendamment de l’affaire de la jeune de 14 ans, que des enseignants qualifiés et formés constituent naturellement le meilleur choix pour un enseignement adapté.

La responsable du dossier au sein de l’institution de contrôle reste sceptique quant à une évolution rapide de la situation sur le terrain, déclarant qu’elle doute que la situation ait changé avec la rentrée scolaire.

Gabriela Schwarz, médiatrice fédérale (ÖVP), a déclaré qu’à sa connaissance, il y avait eu au cours de l’année scolaire précédente plusieurs établissements pénitentiaires où les détenus soumis à l’obligation scolaire ne disposaient ni d’enseignants ni d’éducateurs spécialisés, et qu’elle doutait vivement que la situation soit différente à la rentrée scolaire.

Cette situation de précarité éducative touche des établissements comme le Centre thérapeutique forensique (FTZ), une structure où doivent officier soit des enseignants de la direction de l’éducation, soit des enseignants engagés par contrat de travail, mais où l’on dénombre actuellement une absence totale de personnel enseignant. Cette carence concerne directement l’adolescente de 14 ans ayant poignardé une femme de 64 ans au cimetière de Baumgarten à Vienne, un acte pour lequel elle a été condamnée de manière définitive à huit ans d’emprisonnement pour meurtre et placée dans ce centre thérapeutique en raison de son statut de mineure soumise à l’obligation scolaire. Actuellement, la question de sa scolarisation ne se pose toutefois pas, l’intéressée se trouvant dans un état psychologique qui ne permet pas d’envisager des questions de formation.

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