Face à l’envolée des prix des carburants alimentée par les tensions géographiques et le conflit au Moyen-Orient, le Portugal s’embrase politiquement ce mois de septembre 2026. Tandis que le gouvernement écarte tout blocage généralisé jugé destructeur pour le marché, l’opposition réclame des mesures urgentes pour protéger le pouvoir d’achat des citoyens.
La crise énergétique qui secoue l’Europe trouve un écho particulièrement tendu à Lisbonne. Depuis le déclenchement des hostilités impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran, les automobilistes subissent de plein fouet l’explosion des coûts à la pompe. Cette situation économique délicate a immédiatement fracturé l’Assemblée de la République et provoqué une levée de boucliers syndicale et politique, plaçant le coût de la vie au centre de toutes les préoccupations.
La stratégie gouvernementale face à l’escalade des prix et le refus d’un plafonnement
Le gouvernement portugais, par la voix de la ministre de l’Ambiente e Energia, Maria da Graça Carvalho, rejette catégoriquement l’idée d’un blocage immédiat des tarifs de l’essence et du gasole. Lors d’une conférence de presse tenue ce mois de septembre 2026, la gouvernante a souligné que l’exécutif estimait qu’il ne profitait pas de la crise des carburants, répondant ainsi aux accusations répétées du Parti socialiste mené par José Luís Carneiro sur les recettes fiscales engrangées.

Maria da Graça Carvalho a attribué la flambée des cours à des facteurs structurels internationaux. Parmi eux figurent la perturbation des chaînes logistiques mondiales liée au conflit entre les États-Unis et l’Iran, l’impact de la guerre en Ukraine sur le raffinage du pétrole russe, ainsi que la fermeture de près de dix raffineries en Europe au cours des dernières années, dont certaines sur le territoire national, ce qui affaiblit l’indépendance économique externe du pays.
Malgré ce contexte difficile, l’exécutif défend une politique d’aides ciblées plutôt qu’une subvention généralisée qui, selon les analyses des experts, profiterait surtout aux ménages les plus aisés. L’État a déjà injecté environ un milliard d’euros à travers des réductions sur l’imposition des produits pétroliers (selon les données du ministère de l’Environnement et de l’Énergie), un montant qui devrait atteindre des centaines de millions d’euros d’ici la fin de l’année.
La contestation du PCP et l’appel à la fixation des tarifs
Du côté des partis d’opposition, la colère gronde. Le Parti communiste portugais (PCP) a intensifié la contestation avec plus d’une centaine d’actions de protestation à travers le pays. Lors d’une manifestation menée au Cais do Sodré à Lisbonne, le secrétaire général de la formation, Paulo Raimundo, s’est vivement insurgé contre la position de l’exécutif.
Le dirigeant communiste a accusé l’exécutif de fermer les yeux sur les difficultés des citoyens tout en préservant les marges des grands groupes énergétiques, affirmant que tout ce qui visait à faciliter la vie des travailleurs et des populations, et tout ce qui consistait à contenir les profits colossaux des Galp de ce pays, était toujours renvoyé à plus tard, a déclaré le responsable politique selon une retranscription de l’RTP.

Paulo Raimundo, secrétaire général du PCP, a estimé que la ministre estimait que nous n’étions pas encore arrivés au point où il était nécessaire de prendre ces mesures, ajoutant qu’il ne savait pas ce qu’elle attendait, si elle attendait les 2,5 centimes par litre, et qu’il ne savait pas si c’était là sa référence, mais qu’elle se trompait.
Le PCP réclame ainsi le retour à un système de prix administrés et plafonnés, à l’instar de ce qui est appliqué dans les régions autonomes des Açores et de Madère, qualifiant la situation actuelle de brutal injustiça
pour les familles confrontées simultanément à la hausse du panier de ménage et des taux d’intérêt immobiliers.
Les risques historiques et budgétaires d’un blocage par décret
Si le gouvernement refuse pour l’instant d’activer un tel mécanisme, invoquant le respect des règles de marché et le risque avéré de pénuries, l’histoire récente montre la complexité de telles mesures. En France, par exemple, un débat similaire entoure l’option du blocage ou du plafonnement, un dispositif qui, lors de la crise de 1990 durant la guerre du Golfe, n’avait duré que cinq semaines avant d’être abandonné face aux contestations des gérants de stations-service menacés de vente à perte (comme le rappelle une analyse historique de Franceinfo).

Au Portugal, la ministre de l’Environnement maintient que le plafonnement reste une option d’ultime recours si la situation se détériore gravement. En parallèle, l’exécutif prépare de nouveaux paquets de soutien financier ciblés sur les secteurs névralgiques du transport de marchandises, des taxis, des services sociaux et des pompiers, tout en renforçant les pouvoirs de sanction de l’Autorité de régulation des services énergétiques (ERSE) sur l’ensemble de la filière pétrolière.
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