Oman reporte une réunion régionale sur le détroit d’Ormuz

Oman a annoncé le report d’une réunion régionale prévue à Salalah entre l’Iran et des pays du Golfe pour discuter de l’avenir du détroit d’Ormuz, sur fond de tensions géopolitiques persistantes, d’affrontements maritimes et de divergences diplomatiques régionales qui compliquent la recherche d’un consensus de sécurité.

Le sultanat d’Oman a officiellement confirmé le report d’un sommet géostratégique majeur qui devait réunir à Salalah des représentants de l’Iran et de plusieurs pays du Golfe afin de créer les conditions propices à un dialogue constructif selon l’agence de presse officielle omanaise ONA. Cette rencontre, pensée pour aborder l’avenir du détroit d’Ormuz, se retrouve suspendue alors que la zone maritime subit un verrouillage strict depuis des mois suite aux hostilités déclenchées en février.

Le report à Salalah et les désaccords entre acteurs régionaux

Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, a affirmé sur les réseaux sociaux que la réunion avait été reportée afin de favoriser le consensus et de garantir une coopération durable.

De son côté, Téhéran a désigné l’Arabie saoudite comme demandeur de ce report en invoquant la situation au Yémen, un argument qualifié de faux prétexte par le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, lors d’une conférence de presse. L’Iran a par ailleurs nié toute implication dans le conflit yéménite, qualifiant les Houthis d’acteurs indépendants qui prennent leurs décisions en fonction de leurs propres intérêts.

La fragmentation diplomatique s’est également illustrée par le refus catégorique de Bahreïn de s’asseoir à la même table que Téhéran. Le royaume bahreïni, abritant la Cinquième flotte américaine, a posé des conditions strictes pour tout rapprochement futur, exigeant l’arrêt total des agressions et le respect de la souveraineté étatique avant d’envisager la moindre réunion collective sans participation iranienne préalable dans un cadre de relations normalisées.

Tensions maritimes et répercussions dans le détroit d’Ormuz

Au cœur de ces manœuvres diplomatiques se trouve le contrôle hautement stratégique du détroit d’Ormuz. Depuis que les États-Unis et Israël ont mené des frappes contre l’Iran en février, Téhéran s’est assuré le contrôle de cette artère maritime par laquelle transitait auparavant environ 20 % du pétrole mondial et du gaz naturel liquéfié selon les données de l’industrie énergétique.

Oman reporte une réunion régionale sur le détroit d'Ormuz
Photo: tf1info.fr

Les exigences iraniennes imposent aux navires marchands d’obtenir une autorisation préalable et d’étudier un mécanisme de redevances. Les bâtiments refusant de s’y soumettre s’exposent à des tirs, tandis que l’aviation américaine bombarde sporadiquement le littoral iranien pour contester cette mainmise. La semaine dernière, un navire marchand a payé un lourd tribut dans la zone. Un porte-conteneurs iranien a été touché au large de l’île de Hengam et de l’île de Qeshm, causant la mort d’une personne et en blessant trois autres dans une frappe attribuée à un projectile américain.

Cette insécurité chronique sur les routes de transport maritime continue de peser lourdement sur l’économie mondiale. Les cours du pétrole brut se maintiennent au-dessus du seuil symbolique des 100 dollars le baril, reflétant la nervosité des marchés face à la persistance du blocus et aux frappes récurrentes qui perturbent l’approvisionnement global.

L’embrasement connexe au Yémen et la position de Washington

La situation sécuritaire régionale s’est encore assombrie avec l’intensification des combats au Yémen. Les rebelles houthis, alliés de l’Iran, ont multiplié les opérations militaires d’envergure. Le porte-parole militaire houthi, Yahya Saree, a revendiqué une attaque contre la base militaire de Sharurah en Arabie saoudite, ciblant des centres de commandement d’où est dirigée l’agression contre leur nation.

Ministre omanais des Affaires étrangères : la réunion Iran-États du Golfe prévue à Oman est reportée
Oman reporte une réunion régionale sur le détroit d'Ormuz
Photo: france24.com

En réponse, l’aviation saoudienne a mené une série massive de raids aériens, comptabilisant près de 58 frappes en 24 heures à l’aide d’appareils F-15 partis de la base de Khamis Mushait pour frapper plusieurs provinces yéménites comme l’ont rapporté les sources officielles des rebelles. Cette escalade militaire prend en étau l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, qui fait face au blocus des Houthis dans le détroit de Bab el-Mandeb de l’autre côté de la péninsule arabique alors que des milliers de civils fuient par la mer vers Djibouti.

Interrogé en marge d’un tournoi de golf en Irlande, le président américain Donald Trump a balayé d’un revers de main la tenue avortée du sommet d’Oman en déclarant simplement Je m’en fiche. C’est leur affaire au sujet de cette concertation régionale entre l’Iran et les monarchies du Golfe.

Iran-Oman talks to reopen Hormuz canceled; Oil prices surge after Houthi attack

Sur le même sujet

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.