L’administration de Donald Trump a abrogé les limites d’émissions de gaz à effet de serre pour les centrales électriques américaines. Annoncée lors d’une réunion du G20 à Houston, la mesure enterre les réglementations de l’ère Biden et cherche à bloquer toute future norme climatique pour ce secteur.
Les États-Unis ont franchi ce lundi un nouveau cap dans le démantèlement des politiques de lutte contre le réchauffement climatique. Cette décision met fin aux règles de décarbonation adoptées en 2024 sous la présidence de Joe Biden et ambitionne d’empêcher l’adoption de toute législation similaire à l’avenir.
Une annonce au G20 de Houston sous le signe de la dérégulation
La mesure a été dévoilée à l’occasion de la réunion des ministres de l’Énergie du G20 qui se tient à Houston, au Texas. Le choix de Houston comme lieu de réunion fait office de signal fort en faveur des énergies fossiles dans un État riche en pétrole, tout en marquant un contraste net avec les politiques environnementales menées par certains alliés internationaux présents.
L’administrateur de l’EPA a également affirmé que l’agence refuserait de plier face à ce qu’il qualifie d’alarmisme climatique.
Justifications économiques et arguments juridiques de l’EPA
Pour justifier ce virage, l’Agence de protection de l’environnement avance des motifs d’ordre financier et légal.

Sur le plan juridique, l’EPA fait valoir que les objectifs de réduction d’émissions fixés par le Clean Air Act sous Joe Biden excédaient les compétences de l’agence. Les normes exigeaient le recours à des technologies de captage des fumées jugées insuffisantes et non viables, risquant selon l’exécutif de contraindre les centrales à fermer plutôt qu’à respecter des standards intenables. L’administration soutient en outre que les émissions de dioxyde de carbone des centrales thermiques ne contribuent pas de manière significative à une pollution dangereuse au sens de la loi fédérale.
Vive contestation des associations environnementales et recours en justice attendus
Les réactions des organisations de défense de l’environnement n’ont pas tardé. Les associations dénoncent un recul majeur pour la santé publique et le climat, soulignant que le secteur électrique représente près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis, ce qui en fait l’un des principaux contributeurs au réchauffement mondial. En 2025, les centrales à gaz naturel pesaient pour 41% de la production électrique du pays, contre 17% pour le charbon.

Des juristes d’organisations telles que le NRDC et l’Environmental Defense Fund ont immédiatement fustigé la décision et confirmé leur intention d’engager des poursuites judiciaires. Les critiques rappellent que ces réglementations devaient permettre d’éviter des milliers de décès prématurés chaque année en limitant les particules fines, le smog et d’autres polluants atmosphériques nocifs. De son côté, l’EPA assure que les garde-fous protégeant la population contre les polluants atmosphériques dangereux seront maintenus pour préserver la santé humaine, ciblant exclusivement les contraintes liées au carbone.
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